LA SOLIDARITE PARALLELE EN TEMPS DE CRISE AU CAMEROUN A LUMIERE DES EVENEMENTS DU 21 OCTOBRE 2016
Année : 2017
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
MBANGUE NKOMBA Yves Patrick (Cameroun)
YOGO Edouard Epiphane (Cameroun) – edouardyogo@yahoo.fr
Résumé :
Le 21 octobre 2016, le Cameroun est frappé par deux accidents majeurs qui mettront en exergue la fragilité de son système de protection civile et de gestion de crise. En effet, dans la nuit du jeudi au vendredi 21, la chaussée sur la nationale n° 3 reliant Douala et Yaoundé s’affaisse au km 68 dans l’arrondissement de Matomb, département de Nyong et Kellé, région du Centre bloquant ainsi, la circulation entre les capitales économique et politique. Ce même jour, le train 152 en provenance de Yaoundé et à destination de Douala déraille à Eséka laissant sur le carreau de nombreux blessés et environ 70 morts. Signe précurseur de l’urgence d’une solidarité nationale orchestrée par l’État, ces accidents ont révélé l’émergence d’une solidarité parallèle orchestrée non plus par l’État, mais plutôt par les individus et autres formes d’associations prenant le pas sur l’action réticulaire au détriment de l’action institutionnelle en matière de solidarité.
Par solidarité parallèle, l’on entend un ensemble d’actions collectives menées automatiquement par des individus et/ou des réseaux face à une situation de crise pour venir en aide aux personnes nécessiteuses. Cette forme de solidarité n’est ni instituée ni programmée. Elle s’active selon les circonstances, les contingences et les exigences d’une situation dramatique. Elle symbolise l’élan citoyen et fédérateur des nationaux à la fois au plan interne et international.
Justifiée par la perte progressive de confiance des individus aux autorités administratives centrales de pouvoir, due à ses multiples échecs dans la gestion des catastrophes précédentes, la pratique de la solidarité parallèle s’observe comme un phénomène rampant mobilisant l’adhésion populaire massive en temps de crises.
En répondant à la question centrale suivante : comment s’est opérée la solidarité parallèle dans le cadre de la gestion des événements du 21 octobre ? En d’autres termes, quelles sont les pratiques qui informent la mutation de l’agir ensemble des citoyens au plan national et international, faisant de la solidarité parallèle un mode opératoire en temps de crise, dans les pays du Sud.
Le présent article vise à rendre compte de l’ampleur des mobilisations sociales dans l’agir solidaire du local au global. Pour cela, le recours au constructivisme et à l’interactionnisme stratégique lui permettra à partir d’une emphase faite sur les interactions des acteurs, leurs motivations et perceptions, de déceler leurs choix et les enjeux de leurs actions. D’où la nécessité d’une part, d’aborder la pratique de solidarité parallèle dans le cadre de ces événements avant d’analyser sa portée en matière de gestion des catastrophes au Cameroun.
Mots clés :
Subsidiarité, Solidarité, Ville, Solidarité parallèle, Action collective, Acteurs, Crise.
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