Représentations sociales et pouvoir dans le contexte d’intervention en santé mentale.
Année : 2017
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
NEGURA Lilian (Canada) – Lilian.Negura@uottawa.ca
Résumé :
Les représentations sociales constituent, selon la théorie (Moscovici, 1976), des guides pour le comportement et des grilles pour les prises de position des membres d’un groupe social sur un objet qui constitue un enjeu pour ce groupe. Sauf quelques exceptions notables (Jovchelovich, 2008; Staerklé, Clémence et Spini, 2011), peu d’études se sont penchées cependant sur les dynamiques représentationnelles associées à la manifestation de pouvoir d’une manière générale et encore moins dans le contexte spécifique d’usage des services professionnels. Une étude portant sur l’accès aux services de santé mentale des jeunes femmes appartenant aux minorités francophones dans trois provinces canadiennes : Ontario, Manitoba et Nouveau Brunswick nous permettra de mieux comprendre cette réalité. Cette enquête qualitative a été effectué auprès d’un échantillon non-probabiliste par choix raisonné de 47 hommes et femmes, âgés de 18 à 30 ans et de 45 à 60 ans, anglophones et francophones et qui rapportent avoir souffert de dépression au cours de la dernière année. Les données ont été recueillies au travers 1) de la méthode du réseau d’associations ; 2) des entrevues individuelles semi-dirigées ; 3) de la technique d’incitation par photographie.
Après une délimitation du concept de pouvoir en nous appuyant sur les travaux de Foucault, Arendt et Bourdieu, nous avons analysé le rôle des représentations sociales dans la manifestation du pouvoir dans un contexte d’offre des services de soin de santé mentale. D’abord, dans un contexte d’asymétrie positionnelle, les représentations sociales façonnent les prises de position (Clémence, Doise et Lorenzi-Cioldi,1994) en fonction de l’appartenance à un groupe social dominant ou dominé. L’ancrage dans les thémata (Markova, Linell, Grossen et Salazar Orvig, 2007) qui définissent la crédibilité des différents types de compétences, notamment scientifique versus relationnelle, les représentations sociales contribuent ensuite à la légitimation du pouvoir des professionnels.
Finalement, les représentations sociales ont la fonction de rationalisation (Lheureux, Lo Monaco et Guimelli, 2011) du rapport de pouvoir entre la majorité et une minorité. Les représentations sociales subissent à leur tour un effet d’hiérarchisation en se divisant en hégémoniques, polémiques et émancipées (Moscovici, 1988) en fonction de leur pouvoir d’imposer des pratiques symboliques et matérielles dans le champ social d’une communauté.
Cette communication permettra tant aux chercheurs qu’aux praticiens du service social qui travaillent dans le domaine de la santé mentale de mieux comprendre la dimension représentationnelle de la manifestation du pouvoir en contexte d’intervention.
Mots clés :
Santé mentale, Intervention sociale et travail social, Savoirs
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