L'accompagnement des jeunes majeurs les plus précaires un défi?

Année : 2017

Thème : Des solidarités pour sortir de l'impuissance ?

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

LANTAIR Hugo (Belgique) – coordination24@sosjeunes.be

Résumé :

Depuis 40 ans, observatoire privilégié des phénomènes de rupture adolescentaire en Belgique francophone, SOS Jeunes - Quartier Libre œuvre dans le secteur de l’Aide à la Jeunesse (AJ) en Fédération Wallonie-Bruxelles avec pour mission initiale de travailler à la prévention des situations, en amont des dispositifs d’Aide et de Protection de la Jeunesse.

Cependant, notre association constate que le système d’AJ vit une tension croissante. Sur les dix dernières années, nous observons une aggravation sensible des situations vécues. Le public actuel n’est plus essentiellement composé de primo-fugueur, comme par le passé, mais bien de jeunes (déjà suivis par les services d’Aide ou de Protection de la Jeunesse) qui traversent des problématiques polymorphes. Pour ces jeunes les plus précaires, le passage à la majorité est très épineux tant les relations qu’ils entretiennent avec les services sociaux sont émaillées de méfiance, de rupture de liens, bref de formes de désaffiliation sociale.

L’accompagnement de ces majeures se situe à la croisée de différents secteurs sociaux (AJ, aide sociale générale, formation, santé, santé mentale, handicap, sans-abrisme, logement,…). De plus, comme le dit si bien MORIAU, “ là où certains jeunes se voient la chance de recommencer plusieurs fois leur première année du supérieur, de partir à l’étranger et de s’essayer à des projets divers, d’autres ont à se déterminer dès leur majorité. Mettre en place des mesures qui permettent l’échec, l’hésitation, la maturation lente serait un premier pas vers un traitement égalitaire de la jeunesse.”

Pour dépasser cette segmentation de l’aide et ainsi apporter une aide adaptée, il nous a paru nécessaire de dépasser les frontières de notre secteur, d’oser franchir le Rubicon, d’entrer en lien, d’accumuler des savoirs, de faire du lobbying, de co-construire pour proposer des solutions solidaires et innovantes. Ce travail de lutte contre nos impuissances prend du temps.

L’objet de cette communication sera d’expliquer succinctement comment depuis une dizaine d’années, nous cheminons sur cette question du passage à la majorité des plus précaires :
-travail en réseau comme prérequis indispensable à la construction commune des savoirs et des solidarités ;
-analyse quantitative comme base statistique permettant d’objectiver le phénomène ;
-analyse qualitative pour mieux comprendre des dimensions liées aux trajectoires de vie ;
-travail de recherche/action « La majorité, un passage redouté » pour coucher sur papier le fruit des savoirs accumulés ;
-interpellation/recommandation du monde politique ;
-mise en œuvre de projet concret.

Ce travail de longue haleine nous a, entre autres, permis de développer des partenariats en déployant des dispositifs intégrant tant les jeunes, les acteurs sociaux, la société civile que les promoteurs privés et publics autour de projets concrets d’habitat solidaire et intergénérationnel. Comme évoqué dans notre recherche/action, nous faisons le pari que le développement de ces solidarités favorise une plus grande intégration des personnes précaires et in fine, une moins grande dépendance aux services sociaux qu’elles fréquentent.

Cet exposé témoignera de l’ensemble des solidarités à l’œuvre dans nos pratiques communautaires, entendues comme des initiatives sociales servant apporter des réponses globales aux problématiques individuelles rencontrées dans le travail quotidien.

Mots clés :

Réseau, Habitat durable, Démarche intersectorielle

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