L’activité solidaire, un tremplin pour l’emploi reconnu d’utilité publique ?
Année : 2017
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
GLARNER Thierry (Belgique) – thierry.glarner@skynet.be
Résumé :
En Belgique, le niveau de protection sociale est l’un des meilleurs systèmes existants en Europe. Malgré tout, le pays continue de subir et de faire face aux effets de la crise financière de 2008. Le gouvernement actuel a décidé d’appliquer un important programme d’austérité pour faire face à une situation économique qui secoue non seulement la Belgique mais toute l’Europe. Les premiers à être touchés par toute une série de mesures antisociales ont été les chômeurs. En effet, la durée d’octroi des allocations de chômage a été ramenée à 3 ans, sans prise en compte quelconque des conditions de vie des personnes.
Par conséquent ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se sont retrouvées sans revenu de remplacement depuis janvier 2015. Une partie importante d’entre eux s’est tournée vers les CPAS, c’est-à-dire les centres publics d’action sociale, venant ainsi, augmenter le nombre des personnes déjà exclues et bénéficiant de l’aide institutionnelle, dernier rempart avant de basculer définitivement dans la pauvreté. En situation précaire, les nouveaux venus ont demandé l’octroi du revenu d’intégration sociale (RIS), sans la garantie absolue de pouvoir y avoir accès, renforçant dans le même temps le sentiment de précarité.
Le statut de cette population émargeant au CPAS s’apparente aux « inemployables » (Ebersold, 2001), aux « surnuméraires »(Castel, 1995) ou encore aux vulnérables (Soulet, 2005) et sans véritable espoir de retrouver un jour le chemin du marché du travail. Or, il est de plus en plus difficile de considérer comme admissible que la société accepte de renoncer à envisager que ces personnes restent définitivement en marge sans même envisager que ces personnes pourraient jouer un rôle utile et important dans la Cité.
Dans ce contexte, l’association « La Rochelle » s’est donnée comme finalité d’être une réponse face à la désespérance des exclus, à partir d’une pédagogie visant à construire des formes de solidarités citoyennes axées sur des activités coopératives responsables. En construisant un véritable « espace de développement communautaire », les membres fondateurs de « La Rochelle » ont imaginé de mettre en place une mini cité dans laquelle les personnes apprennent à vivre ensemble, à travailler ensemble, à apprendre ensemble les codes d’intégration de la société, à devenir responsable de leur devenir, en jouant un vrai rôle de citoyen, accompagné par un encadrement qui respecte à tout prix le rythme de reconstruction des personnes au sein des multiples activités mises en œuvre dans l’espace de développement communautaire.
La présente communication aura pour objet de présenter l’association, sa philosophie et mettra en évidence les principes pédagogiques permettant d’apprendre à citoyenner en se reconstruisant dans un espace protégé et pourtant parfaitement en lien avec son environnement extérieur. La question se posera ensuite quant à la reconnaissance souhaitée de ceux qui font vivre cet espace de développement communautaire par le politique. En effet, plutôt que de chercher à prouver à n’importe quel prix son intégration dans la société (Soulet, 2005a), il semble indispensable et urgent de se préoccuper des « précaires » (Standing, 2014) pour redonner le sens du vivre ensemble ou de la reliance en société et éviter la montée des extrémismes.
Mots clés :
Citoyenneté, Exclusion, Solidarité de proximité
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