Recomposition de la solidarité publique dans le contexte de la Nouvelle Gestion Publique en France et au Québec

Année : 2017

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

MOLINA Yvette (France) – yvettemolina78@gmail.com
LYET Philippe (France) – philippe.lyet@askoria.eu

Résumé :

Le contexte de crise économique et sociale durable que traversent nos sociétés depuis les années 1980 a transformé les réponses publiques dans le secteur social. Parallèlement, apparaît pour ce champ, sur le plan international, de nouvelles méthodes gestionnaires dans les administrations publiques et le secteur associatif emprunt du courant néolibéral (Fourdrignier, Molina, Tschopp 2014). La Nouvelle Gestion Publique (NGP) ainsi introduite dans les services sociaux et médico-sociaux, sous couvert de rationalisation des coûts et des moyens, vient impacter directement les professions du travail social tant du point de vue des activités au travail que des organisations (Molina 2016, 2014 ; Bellot, Bresson, Jetté 2013).
La solidarité publique, en deçà des orientations législatives qui en composent le niveau macro, est profondément déterminée par la manière dont elle est mise en œuvre par les professionnels avec les usagers (niveau micro) dans le cadre d’organisations au niveau local (niveau méso). L’introduction de la NGP introduit une nouvelle logique d’action (Amblard, 2005) qui conduit à une pluralisation des institutions (Bonny, Demailly, 2012). Celle-ci conduit les travailleurs sociaux à devoir transiger entre des orientations diverses ou à les hybrider (Lyet, 2017).
Le questionnement central que nous posons pour cette communication, consiste à interroger en quoi la NGP est venue impacter les pratiques des professionnels du travail social et quels sont ses effets en termes de recomposition de la solidarité publique. En quoi ces évolutions recomposent-elles les logiques à l’œuvre dans les interventions professionnelles qui mettent en œuvre les orientations des politiques de solidarité publique ? Comment les professionnels se positionnent-ils face à la normalisation qu’introduit la NGP pour garantir les conditions de leur intervention conforme à leur éthos professionnel ? Existe-t-il des marges d’autonomie professionnelle des travailleurs sociaux dans ce contexte de plus en plus normé et prescrit ? Quelles sont les résistances ou acceptations et adaptations des professionnels à cette NGP et selon quels paramètres ? Les différentes générations professionnelles du travail social connaissent t- elles des positions similaires ou distinctes face aux transformations managériales des organisations ?
Nous nous proposons d’apporter des éléments de réponse à ce questionnement à la lumière des résultats d’une recherche franco-québécoise en cours et organisée dans le cadre d’un partenariat entre le Groupement de recherche Ile de France (GRIF) et l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).
Le contexte de la recherche, son questionnement de départ et sa problématique centrale seront présentés ainsi que les premiers résultats issus de l’analyse d’un matériau empirique croisant des données du terrain québécois et français (une soixantaine d’entretiens semi-directifs menés en 2014-2015).
La perspective comparative franco-québécoise permettra de dégager des similitudes mais aussi des variations dans la compréhension du phénomène social étudié en prenant en compte les deux contextes nationaux singuliers.

Mots clés :

Solidarité, Travail social international, Politique publique, Nouvelle Gestion Publique Solidarité publique

← Retour à la liste des articles