La recomposition du système de solidarités familiales face aux difficultés périnatales
Année : 2017
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
VALRAN MARIELLE (France) – marielhv@gmail.com
AMARÉ Sandrine (France) – s.amare@ccaura.fr
Résumé :
Depuis quelques décennies, un ensemble de facteurs impactent les solidarités familiales (Van Pevenage, 2010). Si le modèle classique se traduit par un système d’entraide entre parenté, reposant sur un sentiment d’appartenance et d’obligation d’assistance aux membres de la famille, la transformation de nos sociétés fragilise ce système informel. Bien qu’un potentiel d’entraide reste présent, retenons qu’il se limite de plus en plus à une aide ponctuelle apportée lors d’un moment de crises. Il s’avère aussi inégal puisqu’il dépend de la capacité familiale à se mobiliser face aux événements de la vie rencontrés par les différents membres de la famille. La qualité des ressources offertes est donc hétérogène.
Dans cette communication, nous nous attacherons, plus particulièrement, à un moment de la vie requérant ce système de solidarité familiale : la naissance d’un enfant. Durant cette période, les parents sont plus vulnérables du fait de la combinaison de plusieurs dimensions :
−un grand nombre de femmes éprouvent des complications d’ordre psychosocial pendant la période périnatale (Cummings & Davies, 1994 ; Fonagy, 1999 ; Dayan, 2003 ; Mazet & Storelu, 2003 ; Dugnat, 2004).
−L’arrivée d’un enfant génère une charge temporelle et financière (Charrier et Clavandier ; Ekert-Jaffé, 2010)
−Un impact important sur l’identité des nouveaux parents et leurs relations sociales (Manceron et al, 2002 ; Leturcq et Wierink, 2009).
Ces différents facteurs entrainent un besoin de soutien pour ces parents alors que nombre d’entre eux ne peuvent s’appuyer sur un système de solidarités familiales, du fait d’un isolement, d’un manque de disponibilité de leurs proches, d’une difficulté à exprimer leur besoin d’aide. Par ailleurs, l’appui de la famille ne suffit pas toujours à répondre aux problèmes rencontrés par les parents, en particulier lorsque sont surajoutées des difficultés d’ordre psychologique, social et économique.
Dans ce contexte, l’intervention de professionnels relevant de différents cadres d’action devient nécessaire. Retenons que si la plupart d’entre eux agissent ponctuellement en dehors de la sphère familiale, les Techniciennes d’Intervention Sociale et Familiale interviennent au sein du domicile familial, de façon répétée et sur une période pouvant excédée un an. La spécificité de leur intervention les conduit à partager des moments d’intimité et à développer une proximité avec la famille, tout en lui apportant une présence, une écoute et un soutien au quotidien.
Plusieurs travaux (Tillard, 2004 & 2007 ; Edouard, 2012 ; Hays, 2008) montrent que l’intervention des TISF au domicile améliore la qualité des relations familiales, notamment du lien mère-enfant, à travers un soutien dans l’éducation parentale. Dans bien des cas, elle permet de concilier des actions préventives, éducatives ou réparatrices au domicile des familles repérées en difficulté tout en assurant la protection de l’enfant. En ce sens, elles constituent des relais aux solidarités familiales.
Dès lors, cette communication entend étudier les modalités de solidarité à l’œuvre en lien avec l’intervention des TISF. Dans quelle mesure et en quoi les TISF compensent, prolongent ou recomposent le système de solidarités familiales ?
Nous aborderons cette question à partir des premiers résultats d’une recherche-action en cours intitulée « les TISF en périnatalité : soutenir les parents pour garantir la protection des enfants ».
Mots clés :
Compétence, Solidarité, Lien social, TISF - Périnatalité - Solidarités familiales
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