Les instances participatives de l'Université : une éducation à la citoyenneté ?
Année : 2017
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
ENRICO Vincent (France) – ENRICO.vincent@orange.fr
Résumé :
Depuis l'instauration de la participation des étudiants à la co-gestion de l'université par E. Faure en 1968, la place des étudiants au sein de l'institution n'a cessé d'évoluer. En 2011, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la Conférences des Présidents d'Université et les représentants d’organisations d’étudiants ont signé une « Charte pour la dynamisation de la vie associative des universités, le développement et la valorisation de l’engagement étudiant ». Un de ses objectifs était de « reconnaître les compétences acquises par le biais de l'engagement étudiant ».
Depuis, de nombreuses universités ont mis en place des dispositifs pédagogiques variés visant à valoriser les engagements, au travers d'une validation de crédits supplémentaires, d'annexes au diplôme ou de diplômes d'université, entre autres. L'université de Limoges, par exemple, propose depuis 2015 un « Bonus engagement étudiant ».
Cette forme de valorisation des initiatives étudiantes est un des moyens pensés par l'institution universitaire pour développer la citoyenneté des étudiants, qui connaît un succès variable en fonction des universités. Et elle n'est pas nouvelle. En effet, dès le début des années 2000, l'Université de Limoges a travaillé à la mise en place d'un diplôme amenant à valider les engagements des étudiants. Ce projet n'avait pas attiré les étudiants.
Etant associé à son comité de pilotage, j’ai pu observer de l’intérieur la mise en place de ce diplôme. Outre mon journal de recherche, j'ai recueilli tous les documents amenant à la construction finale d'un « Diplôme d'Université Vie Associative et Citoyenne ». Au travers d’événements analyseurs, de la nature, des positions et des propos des intervenants et des partenaires, de l’analyse de la communication interne et externe et des propos des membres de l’institution universitaire, il est possible d’en dégager des visions de l’étudiant qui varient en fonctions des implications institutionnelles de chacun
Le DU met en lumière une logique d’institutionnalisation des engagements au travers de la confrontation d'une vision administrative opposée à une vision de terrain. Le processus conduit à la création d’un diplôme qui ne rencontre pas les étudiants, ni les enseignants, mais reste un dispositif « fantôme ».
L'objet de cette communication est de mettre en perspective le dispositif actuel proposé à l'Université de Limoges avec le dispositif proposé dans la même université il y a plus de dix ans. Quel est la définition de l'étudiant engagé et de la citoyenneté véhiculée par ces dispositifs ? Au travers du récit du DU VAC avec les personnels et les partenaires investis dans cette démarche, nous chercherons à répondre à cette question. Nous essaierons aussi de voir comment expliquer l'amnésie d'une institution qui organise le retour d'un projet déjà mené dans une même université. Cette répétition de l'histoire montre la difficulté pour l'Université de suivre l'évolution des modes d'engagement de la jeunesse, et, plus largement, de participer à forger le caractère des élèves par une éducation à la citoyenneté. Peut on imaginer une éducation à la citoyenneté des étudiants par les instances participatives actuelles ?
Mots clés :
Citoyenneté, Mouvement social, Formation
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