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La mobilité internationale d’étudiant, une modalité de formation à la solidarité

Année : 2017

Thème : Une expérience de coordination internationale dans un EFTS

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

MAYOKA Paul (France) – p.mayoka@ifrass.fr

Résumé :

Cette communication vise à présenter les enseignements tirés au terme d’une expérience de plusieurs années de coordination institutionnelle et pédagogique, des mobilités d’étudiants dans les pays émergents. Ici, les étudiants chargés de leurs projets de stage se retrouvent souvent désemparés au vu des décalages constatés sur le terrain, avec les modes et les conditions d’intervention auxquels nous les formons. Ce n’est pas pour autant que ceux-ci manqueraient de ressources permettant de fructifier le temps passé sur ce terrain en apparence lointain. En effet, des retours d’expériences indiquent que la solidarité revêtue comme posture, offre une meilleure prise dans l’approche du terrain et ouvre bien de perspectives. Du coup, ces stages sont réellement des modalités formatives à des valeurs de soutien à la personne d’une manière générale, et tout particulièrement à l’exercice de la solidarité: une des valeurs fondatrices du travail social, tout au moins dans sa tradition française...
L’inventeur de la sociologie française, Emile Durkheim, l’aurait plutôt traduit par le souci effectif de la « cohésion sociale ». Il voyait en effet les « solidarités mécaniques » en net recul face aux transformations socio-économiques d’alors, tant les socles traditionnels d’unité sociétale se délitaient. Cependant, il avait repéré les nouveaux possibles de cette cohésion à travers les « solidarités organiques ». Ces dernières tiendraient de nouvelles formes d’organisation du travail, recréatrices du tissu social: à renforcer par l’action publique, notamment par l’éducation. Les travaux de Durkheim ont ainsi clairement posé la « solidarité » au cœur même de l’être des sociétés.
Toutefois si la sociologie a charge d’éclairer l’état de la solidarité, l’intervention sociale en est une des modalités de mise en oeuvre dans la société moderne n’ayant plus d'appuis "communautaires". C’est ainsi que la thématique a sa place dans les formations en travail social selon une approche plutôt transversale... En effet, c’est dans l’ensemble du cursus de formation que les étudiants sont amenés à s’approprier cette dimension fondamentale de leur futur métier. Mais il faut insister sur les modalités pédagogiques que sont les temps de formation pratiques à travers des études de cas et surtout des stages.
Ces derniers constituent des instances essentielles dans l’apprentissage de la solidarité. Non pas parce qu’ils seraient à opposer aux aspects théoriques, au contraire parce qu’ils sont le lieu de leur questionnement et de leur approfondissement, à condition toutefois que le stage s’y prête et le permettent. Cela est bien sûr possible... grâce au projet qui devrait mettre l'accent sur des valeurs à porter, à travailler… En cela le stage à l’étranger reste le lieu d'expérimentation par excellence. En effet, c’est ici le cadre d’un vécu personnel et professionnel intense. Un étudiant comparait son stage à l’étranger à « une mise à nu »… « où l’on se retrouve bien souvent démuni : quelles sont mes ressources face à l’inattendu? », finissait-il toujours par se questionner. Il y a des ressources techniques… qui s’avèrent inadaptés tant les situations sont inhabituelles : elles sont à réinventer ou tout au moins à ajuster, des ressources psychologiques présentant leurs limites tant elles sont intériorisées ; elles peuvent déboucher sur un auto-enfermement voire une auto-exclusion. C’est ici que les « valeurs sociales » deviennent des ressources de mise en lien, permettant de faire corps avec non seulement l’usager mais aussi l’équipe, l’institution et son environnement. L’une de ces valeurs c’est bien la solidarité. Cela revient à penser le projet de mobilité comme « un projet de solidarité » ou du « faire avec ».
Cette posture permet de poser le lieu de stage à l’étranger, notamment dans les pays en voie de développement, comme un espace d’expérimentation et de formation à la solidarité. Cela confère une position bien plus allante au futur travailleur social…

Mots clés :

Travail social international, Savoir-faire, Transfert des connaissances

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