Le camp comme espace transitoire et identités transformées : éléments ethnographiques à partir d’un centre d’accueil pour les femmes et enfants dans le camp de réfugiés à Calais
Année : 2017
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
SOUDANT-DEPELCHIN Estelle (France) – estelle_soudant@yahoo.fr
Résumé :
Au moins 6 millions de personnes vivent dans les 450 camps de réfugiés existants dans le monde. Les 400 camps de rétention européens voient transiter environ 50 000 personnes par an. Les camps auto-établis (comme à Calais), bien que de tailles inférieures aux autres camps, sont plus d’un millier dans le monde .
Comment, dans un système mondialisé où la mobilité est encouragée, les déplacements de population Sud-Nord peuvent provoquer des réactions de replis sur les frontières ? Comment l’accueil des personnes s’opère eu Europe et particulièrement en France ?
Les camps de réfugiés ont fait leur apparition en France avec des statuts bien différents ; camps autogéré, camp ouvert par le HCR etc…Selon Agier (2014) nous sommes en train d’assister à : « un dispositif de lieu de confinement ». Il développe la catégorie idéal-typique de « forme-camp », ayant trois caractéristiques constitutives : l’extraterritorialité (le camp est un hors lieu, souvent non-identifié sur les cartes), l’exception (le camp est soumis à une autre loi que celle de l’Etat dans lequel il se trouve) et l’exclusion (le camp est la forme sensible d’une altérité). Confrontés aux contraintes évoquées, les habitants doivent les affronter ou les contourner. Notamment grâce à l’hospitalité et l’inhospitalité (Gotman, 2001) et à la solidarité (Paugam, 2007).
Selon les estimations, entre 3800 et 4200 personnes vivent dans le camp à Calais. Les femmes migrantes que nous avons rencontrées à Calais par l’intermédiaire d’une association qui gère un centre d’accueil pour femmes seules et ayant des enfants ou non depuis le 25 mars 2015, sans limite de temps dans la prise en charge.
L’association dispose de 200 places dans des préfabriqués et 200 places sous tentes installées par la sécurité civile.
La communication proposée visera à questionner l’espace et ses usages par le genre à partir des prémices d’une enquête de terrain portant sur les femmes migrantes de Calais à partir d’observations in situ dans une association de travail social et des entretiens semi-directif et informels. Les entretiens formels et informels se sont déroulés en anglais. Actuellement les femmes viennent d’horizon divers et variés : Erythréenne, Ethiopienne, Afghanes, Soudanaise, Iranienne, et Kurde Irakienne pour la majeure partie d’entre elles.
Les femmes rencontrées relatent le temps parfois long de l’exil (10 ans pour une Erythréenne rencontrée) ou se succède des temps de travail non déclaré dans différents pays Européens avant d’arriver à Calais ou le point commun est l’envie de se rendre en Angleterre. La langue connue et les proches qu’elles souhaitent rejoindre font de l’Angleterre une destination privilégiée (pour environ 1/3 d’entre elles). A cela, s’ajoute l’idée de trouver du travail plus rapidement que dans un autre pays.
Nous examinerons à travers les entretiens et les observations des éléments réflexifs sur la mise en place de la solidarité sur le camp à travers les salariés des associations et des initiatives individuelles à travers la survie au quotidien du camp.
Mots clés :
Femmes, Solidarité, Mondialisation
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