Complexité des relations collaboratives lors de l’intervention : comment transformer la formation pour travailler ensemble dans une visée inclusive?
Année : 2019
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
LANTEIGNE ISABEL (Canada) – isabel.lanteigne@umoncton.ca
IANCU PENELOPIA (Canada) – penelopia.iancu@umoncton.ca
Résumé :
Les intervenants dans la sphère du social œuvrent dans des milieux où les personnes ont à composer avec de multiples formes d’oppression qui brisent le tissu social et érodent la solidarité (Vandecasteele et Lefebvre, 2006). Les situations rencontrées dans l’exercice de leur pratique sont souvent des problèmes complexes (Green et McDermott, 2010; Sanger et Giddings, 2012) et difficiles à résoudre en silo, ce qui exige diverses formes de travail collaboratif avec des personnes, des familles, des communautés et des professionnels (Hudson, 2000; Stans, Stevens et Beurkens, 2013). Les contextes de collaboration constituent des espaces permettant de développer l’ouverture à l’autre et promouvoir le travail ensemble. Cette communication rejoint l’axe 1 qui s’intéresse aux enjeux et à la construction de vivre-ensemble et fera état des résultats partiels d’une recherche portant sur l’expérience de collaboration interprofessionnelle (IP) des travailleurs sociaux au Nouveau-Brunswick (N.-B.), Canada. Cette étude cherchait à saisir : a) les contextes d’intervention qui exigent une collaboration IP; b) la communication IP et la gestion de conflits; c) les stratégies pour résoudre des problèmes complexes; et d) les enjeux éthiques liés à la collaboration IP. L’originalité de notre étude provient de l’utilisation d’un cadre théorique basé sur les théories de la complexité et du chaos et d’un cadre multidimensionnel d’analyse de la collaboration IP. En raison de leur caractère complexe, non-linéaire et difficilement prévisible, les problèmes qui réclament l’attention des équipes IP exigent des habiletés spécifiques à la résolution de problèmes complexes, des connaissances spécialisées (Jonassen, 1997) et une bonne capacité de collaboration (Ge & Land, 2003; Iancu, 2014). Cette recherche se situait dans un paradigme interprétatif-compréhensif (Lessard-Hébert, Goyette & Boutin, 1996) et suivait une démarche de recherche qualitative (Mayer, Ouellet, Saint-Jacques, Turcotte, Tard, & Deslauriers, 2000). Les participants à cette étude étaient des travailleurs sociaux (n=21) de trois régions du N.-B. Les outils de collecte des données étaient les entrevues semi-dirigées et les notes de terrain. L’analyse thématique a été utilisée pour le traitement des données. Les résultats préliminaires soulèvent des bénéfices de cette collaboration dont une meilleure coordination, moins de dédoublements des services et une plus grande accessibilité aux ressources pour les personnes accompagnées (Lanteigne et Iancu, 2018). Il y a cependant des défis liés à la complexité du processus d’intervention, aux enjeux éthiques, aux barrières culturelles, linguistiques et aux différences identitaires (Hall, 2005; Iancu, Lanteigne et Albert, 2017; Paré, 2010). Ces enjeux soulèvent un besoin de réfléchir à comment mieux former les étudiants et les professionnels au travail collaboratif (Comer et Rao, 2016; Lumague et al., 2006). Pour ce faire, la formation en travail social devrait inclure des savoirs afin de faciliter la collaboration avec les personnes accompagnées comme partenaires, tout en tenant compte des aspects identitaires qui traversent l’intervention. Cette formation doit également permettre aux étudiants d’apprendre à travailler avec d’autres intervenants vers des buts communs en négociant les différences professionnelles et personnelles (Lanteigne et Iancu, 2018; Mellin, Anderson-Butcher et Bronstein, 2011). Il est nécessaire d’outiller les étudiants afin qu’ils puissent sensibiliser les communautés quant aux diverses problématiques liées à l’oppression. Cela implique de former les étudiants pas seulement comme de futurs professionnels en travail social, mais aussi comme des citoyens (Reef, 1999) qui sont en mesure de déconstruire les stéréotypes et les préjugées, de lutter contre l’oppression, de retisser les liens sociaux et de rebâtir la solidarité dans une visée inclusive pour vivre ensemble (Savoie, Albert et Lanteigne, 2018).
Mots clés :
Complexité, Formation, Solidarité, Collaboration interprofessionnelle
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