Les migrants en France : un voyage qui n’en finit pas… <br />Un point d’intersection crucial des acteurs institutionnels et des acteurs bénévoles<br />
Année : 2019
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
MONTMOULINET Edith (France) – edith.montmoulinet@sfr.fr
Résumé :
La question migratoire… vaste programme! Une véritable pelote, entremêlant moult fils reliés les uns aux autres. Déroulons plus spécifiquement celui de la rencontre et de l’accueil. <br />Les migrations ont toujours fait partie de l’histoire de l’humanité . Néanmoins, quitter son pays n’est en rien une démarche facile à entreprendre. Et pourtant, en tout temps, des personnes franchissent le pas, se lançant dans une aventure plus qu’incertaine, pour ne pas dire risquée . <br />Les raisons, multiples, qui les y poussent ou les y contraignent, n’engendreront pas les mêmes droits et possibilités de prendre place dans un nouveau pays. L’accueil qui leur sera réservé en Europe se teintera alors bien singulièrement. Les études comparatives menées par Ingrid Tucci mettent ainsi le doigt sur les différences de traitements opérées par l’Allemagne et la France . Deux pays, deux Histoires, deux politiques migratoires... et dès lors, deux manières de penser l’intégration des nouveaux arrivants et de déployer des dispositifs publics conçus à cet effet. <br />Toutefois, si hier l’étranger était considéré comme un hôte, il tend à redevenir aujourd’hui, en Europe, cet être à éloigner absolument, dont il faut se préserver, avec qui nous ne voulons avoir aucun rapport de voisinage. Face à de tels constats, Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc insistent sur l’absolue nécessité de repenser l’hospitalité comme valeur politique et non plus seulement morale pour considérer autrement la venue de l’étranger. Réapprendre à devenir les voisins les uns des autres suppose, disent-ils, une politique de l’hospitalité qui articule trois fonctions majeures : secourir, accueillir et appartenir. <br />Derrière, voire au-delà des législations actuelles, en France, et plus particulièrement au niveau local, divers acteurs de la scène publique, sociale et économique, mandatés ou bénévoles, se mobilisent et agissent en ce sens. Confrontés aux contraintes ou limites réglementaires, au rejet des étrangers par une partie de la population autochtone, ils déploient, non sans mal, diverses stratégies pour favoriser et faciliter l’accueil des migrants. <br />A la croisée des politiques d’immigration et des politiques de protection de l’enfance, l’accueil des mineurs non accompagnés pose de nombreuses questions d’ordre juridique, politique, éducatif et éthique générant de fortes tensions chez les professionnels entre la mise en œuvre de ces politiques et les questions éthiques du travail social. C’est sur le terrain des dysfonctionnements, relatifs à l’accueil et à l’accompagnement de ces jeunes, que les actions des bénévoles et des professionnels se confrontent mais aussi se complètent, en prenant appui sur les ressources créatrices de tous les acteurs concernés. Ce partenariat de circonstance et contextualisé ne va pas de soi. Il bouscule notamment les pratiques traditionnelles des travailleurs sociaux, confrontés parfois à des choix ou à des actions litigieuses. <br />Hannah Arendt qualifie la migration comme l’expérience de la perte . Des temps de partage réciproque, l’expression artistique et culturelle des migrants facilitée dans certains contextes par “ces acteurs de l’accueil”… visent, modestement, à contrebalancer la place stigmatisante d’assisté, corrélaire de cette expérience de la perte.<br />
Mots clés :
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