Les apports de la méthode ethnographique pour comprendre les seuils du vivre-ensemble dans l’action publique en santé mentale : des apprentissages transversales issues du Québec et du Brésil
Année : 2019
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
Ruelland Isabelle (Canada) – ruelland.isabelle@uqam.ca
KHOURY Emmanuelle (Canada) – Emmanuelle.khoury@gmail.com
Résumé :
Dans la société contemporaine, les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale importants comptent parmi les plus touchées par la marginalisation et l’exclusion sociale. Les stratégies pour diminuer cette mise à l’écart ont évolué au fil du temps et se positionnent maintenant dans une perspective de citoyenneté et participation qui vise à promouvoir l’inclusion, la déstigmatisation et le vivre-ensemble. Mais si les politiques et programmes en santé mentale sont axés sur cette intégration dans la collectivité des personnes vivant des problèmes de santé mentale et des situations sociales complexes, force et de constater que les formes et fondements du lien social et du vivre-ensemble reste à être explicités. Ce type de constat appelle une problématisation plus complexe du vivre-ensemble dans la collectivité.<br /><br />Dans le cadre de nos recherches respectives au Brésil (Ruelland) et Québec (Khoury), nous avons priorisé des méthodologies ethnographiques pour étudier la vie quotidienne des équipes spécialisées en santé mentale avec une visée commun de faire ressortir des espaces démocratiques de renouvellement des pratiques axées sur l’intégration. Les approches communautaires en santé mentale occupent une place centrale dans l’organisation des services de différent pays. Jusqu’à quel point les équipes spécialisées intervenant dans la communauté facilitent la mobilité des destinataires dans l’espace public? Deux études de cas inspirées de recherches plus larges menées à Campinas (Brésil) et à Montréal (Canada) identifient le rôle central des services communautaires dans le soutien au rétablissement grâce à l'accès et à l'utilisation de diverses ressources et réseaux dans l'espace urbain. Les résultats exposent comment les professionnels de la santé mentale contribuent à une mobilité significative pour les destinataires en mettant l'accent sur les déterminants sociaux de la santé tels que l'environnement physique et l'exclusion sociale. De plus, ces deux ethnographies des interactions sociales au coeur des approches communautaires en santé mentale ont permis d’identifier des moments d’ouvertures à l’autre et des actions qui favorisent la démocratisation des échanges entre les acteurs concernés. Ces données permettent d’éclairer une question centrale de ce champ du travail social: jusqu’à quel point le vivre-ensemble peut-il se construire dans le cadre de l’intervention d’équipes spécialisées en santé mentale? <br /> <br />À partir d’une analyse des enjeux éthiques et méthodologiques soulevés par nos recherches ethnographiques à Montréal, Canada et à Campinas, Brésil, cette communication expose comment cette méthode participe d’une reconnaissance des formes du vivre-ensemble impliquant des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale et problèmes sociaux complexe. Dans un deuxième temps, nous abordons les potentiels et limites du vivre-ensemble dans les interactions produites autour des approches communautaires en santé mentale observées par divers acteurs (citoyens-usagers, citoyens-intervenants, citoyens-gestionnaires et citoyens-psychiatres). Finalement, l’analyse croisée de nos résultats identifie comment les intervenant.e.s deviennent des acteurs sociaux significatifs dans la vie des personnes utilisatrices sans pour autant prendre en compte la dimension sociale de leur rôle.
Mots clés :
Méthodologie, Lien social, Intervention sociale et travail social
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