Les rencontres déterminantes : « à la rencontre de la rencontre » (Buytendijk, 1952)

Année : 2019

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

SIBAUD EL OUARDY LAETITIA (France) – lsibaud@irts-ca.fr

Résumé :

Le thème des rencontres déterminantes est au cœur du travail social qui se fonde sur la relation entre professionnels et la personne bénéficiant d’un accompagnement social. Si l’entrée en relation peut être ritualisée, codifiée, elle est bien souvent ni voulue ni choisie. Il faut alors pouvoir provoquer la « rencontre essentielle » (Rogers, 1973) point d’ancrage d’une relation de confiance. <br /><br />Selon Cécile Duteille (2003), la notion de rencontre recouvre des dimensions variées et parfois contradictoires. : le fortuit, l’intentionnel, l’affrontement, le fatidique (l’épreuve). <br />L’origine latine contra qui fait autant référence au fait d’être avec, d’être tout près qu’à celui d’être contre. C’est alors aussi bien le « contre » de la proximité que de l’opposition (Duteille, 2003) et ces significations se rejoignent dans le fait que la rencontre « suppose la présence d’une personne vivante avec quelque chose qui a du sens pour elle : une autre personne, un groupe, un objet » (Duteille, 2003). Si la rencontre se joue, bien souvent, dans l’interaction sociale réelle ou virtuelle, il peut ne pas s’agir nécessairement d’une relation humaine. Comme nous le verrons, on peut rencontrer un dispositif, une œuvre d’art, un auteur, une culture, un sport. <br />Il peut s’agir d’un phénomène tout autant intentionnel, construit et dynamique qu’imprévisible, lié au destin et au hasard. <br />La notion de temporalité est aussi importante : où commence et où finit la rencontre ? Une rencontre (déterminante) peut tout autant être éphémère que s’inscrire dans la durée. <br /><br />La dimension destinale de la rencontre renvoie à l’angle du ou des bouleversements dont elle est potentiellement porteuse. Elle est bien souvent déterminante pour un seul des protagonistes de l’interaction. C’est par la reconstitution dans l’après-coup (parfois plusieurs années après) que l’individu se rend compte qu’elle a été déterminante au sens de porteuse de sens, de construction d’une identité, d’un destin, de choix. D’ailleurs la personne rencontrée ne sait, bien souvent, pas qu’elle a joué un rôle majeur dans le parcours de vie de l’individu. <br /><br />Sur cette thématique, nous avons interrogé 11 personnes de l’IRTS-CA (étudiants, formateurs, assistantes, personnel logistique et d’accueil) afin de comprendre en quoi et pourquoi une rencontre peut être déterminante, comment elle « nourrit, bouscule, interpelle, dérange » (Langlet et Plantet, 2018). Dans ces rencontres destinales, il est intéressant de noter qu’aucune « mauvaise rencontre » n’a été relatée et n’apparaissant pas comme déterminante. Résonnant avec le fait qu’« une rencontre est toujours le passage d’un ordre à un désordre prélude à un nouvel ordre » (Zarifian, 1994), trois voies destinales se sont dégagées de ce phénomène microsociologique : la construction, la déconstruction et la reconstruction. Si « toute vie véritable est rencontre » (Buber, 1923), qu’est-ce qui se rencontre dans la rencontre ? Soi et/ou l’altérité ? <br />

Mots clés :


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