Vivre-ensemble en foyer de placement pour personnes mineures : enjeux d’un concept, pratiques d’équipes éducatives et de personnes placées, rituels de cohésion et actes de contestation.
Année : 2019
Thème : enjeux d’un concept, pratiques d’équipes éducatives et de personnes placées, rituels de cohésion et actes de contestation.
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
OSSIPOW WUËST Laurence (Suisse) – laurence.ossipow-wuest@hesge.ch
Résumé :
Notre communication s’inscrit dans l’axe 1 (Enjeux et construction du « vivre-ensemble ») et repose sur une recherche collective menée à Genève dans trois lieux de placement d’adolescent.e.s (Aeby et Berthod 2011 ; Ossipow, Berthod et Aeby 2014). Elle a pour objectif de questionner la notion du vivre-ensemble de deux façons. La première consiste à analyser très concrètement la vie quotidienne d’équipes éducatives et de huit jeunes contraint.e.s de faire société tandis que la seconde propose de s’interroger théoriquement sur la notion même du vivre-ensemble, habituellement rattachée à celle de cohésion sociale.
Cette recherche anthropologique se fonde d’abord sur l’observation participante ou directe du foyer menée par G. Aeby (2012) qui a permis de recueillir des faits et des énoncés à différents moments du quotidien - lever, repas, coucher, interactions entre jeunes ou entre jeunes et équipe éducative ; loisirs ; sorties ; visite préliminaire de potentiel.le.s résidente.s - ainsi que lors des colloques d’équipes. Certains moments non-ordinaires que nous avons considérés comme des rites (réunions de foyer; anniversaires ; fêtes calendaires ; voyages ou camps) ont fait aussi l’objet de différentes formes de recueil et d’analyse (Ossipow 2011 ; Ossipow, Berthod et Aeby 2014). Notre approche s’appuie ensuite sur 23 entretiens semi-directifs avec les membres des équipes éducatives autant qu’avec les jeunes des trois lieux de placement (27 entretiens pour les trois structures). Le corpus de faits ainsi recueillis a été ensuite construit en données après une analyse en équipe des journaux de terrain et une analyse thématique des entretiens.
En revenant sur ces données et ces analyses, nous cherchons à porter au jour les canaux diversifiés de significations qui irriguent la notion de vivre-ensemble. Pour ce faire et à l’instar de l’argumentaire de l’AIFRIS (2019), nous référons à la notion de cohésion sociale développée par E. Durkheim (1893, 2007) à partir de l’idée d’une division du travail qui conduit, dans les sociétés dites modernes, à des formes d’interdépendance et de solidarité. Toutefois, nous renvoyons également au cadre théorique développé autour des rites (notamment Van Gennep 1909 ; Durkheim 1912 ; Bourdieu 1982 ; Piette 1997) qui structurent le « vivre ensemble », permettent des apprentissages individuels et collectifs, encadrent les écarts à la règle et exercent des formes d’autonomie préparant à la sortie de l’institution. Enfin, nous nous intéressons encore aux chercheurs (Mauss 1925, 2007 ; Lévi-Strauss 1949, 1967; Sahlins 1976 ; Testart 200) fondant, pour leur part, le lien social, et donc le vivre-ensemble, sur le don, l’échange et la réciprocité qui sont aussi des formes de défi et reconnaissance.
Mots clés :
Vivre ensemble, Citoyenneté, foyer de placement pour adolescent.e.s; rituels
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