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QUAND LE VIVRE-ENSEMBLE RENCONTRE L’ENGAGEMENT ET LA MILITANCE DANS UN CONTEXTE DE FORMATION D’ASSISTANTS SOCIAUX

Année : 2019

Thème : IDENTITÉS PLURIELLES ET ENGAGEMENT DANS UN CONTEXTE DE FORMATION D’ASSISTANTS SOCIAUX

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

NOëL CHRISTINE (Belgique) – c.noel@isfsc.be
COLLèS NOëLLE (Belgique) – n.colles@isfsc.be

Résumé :

Notre propos dans le cadre de ce colloque est de déposer un questionnement étayé qui, nous le souhaitons, pourrait aboutir à une recherche action dans le courant de l’année académique prochaine. <br />Notre réflexion émane de notre pratique d’enseignantes à l’ISFSC, école qui forme des futurs assistants sociaux. Nous travaillons une réalité aux multiples enjeux dans laquelle notre école a pour mission de former les travailleurs sociaux de demain. Nos étudiants sont eux-mêmes issus de ce microcosme sociétal où l’agitation identitaire est omniprésente. <br />Au sein de la section AS, se côtoient des populations très hétérogènes et la plupart des étudiants ont fait l’expérience du travail social en tant que bénéficiaires.<br />Depuis quelques années, la réflexion sur le vivre ensemble est au cœur des discussions dans notre établissement. Comment former les acteurs sociaux de demain si ceux-ci sont incapables de rencontrer l’Autre dans sa différence ? Comment leur demander de l’ouverture d’esprit face à des concepts « tabous » que nous-mêmes n’osons pas citer ou mettre en discussion ? <br />Face à certains incidents, les questions liées à l’enseignement reprennent rapidement leurs droits et relayent au second plan nos questions éthiques et déontologiques en lien avec l’art de vivre ensemble. Nous souhaitons aujourd’hui un temps d’arrêt. Nous pensons qu’il est temps de comprendre ce qui est en jeu afin de nous positionner en tant qu’AS, en tant qu’enseignants, en tant que bénéficiaires, en tant que citoyens et peut-être même en tant que militant. <br />Ce que nous désirons développer ici est de comprendre comment penser la formation de manière à ce qu’elle soit en lien avec la réalité de l’identité des étudiants et adaptée à la réalité du terrain du social d’aujourd’hui. <br />Pour parvenir à cela, nous allons parcourir deux dimensions. La première renvoie à la place à laisser à l’identité personnelle dans le processus de formation et dans la construction de l’identité professionnelle. La seconde concerne la place donnée à l’engagement dans la formation. <br />Aux yeux de l’institution, l’engagement est valorisé. Cet engagement souhaité est plutôt social, construit en termes de réflexions et tourné vers les collectivités. Celui-ci se retrouve dans l’identité du « label » ISFSC d’où est né le travailleur social « Made in Rue de la Poste». En effet l’ISFSC défend une vision militante devenue une tradition dans notre établissement. <br />L’engagement suscité amène des positionnements antagonistes de la part des enseignants et des étudiants. En effet, alors que nous, enseignants, attendons des étudiants qu’ils se décentrent et puissent mettre en perspective leur propre identité professionnelle (sur base de questions qui traversent aussi leur pratique), eux sont dans une optique davantage individuelle d’affirmation de soi. <br />Il nous semble en outre que l’objet de l’engagement ainsi que la manière dont chacun va s’engager sera reconnu ou non comme un combat légitime et dès lors valorisé ou non par l’institution. <br />Aujourd’hui, il nous semble difficile pour l’institution de se saisir des questions liées au choc des rencontres entre des identités différentes dont elle est le témoin dans le microcosme social qu’elle représente.<br />Nous pensons que, dans le cadre de la formation, nous ne devrions pas faire l’impasse des questions liées à ces identités personnelles et aux dynamiques qu’elles suscitent. <br />Former à l’engagement pourrait bien entrainer une formation qui ne valorise pas l’esprit critique, pourrait bien entraîner une formation qui n’intègre pas la diversité de points de vue et de positionnement. Nous n’avons pas la possibilité ici d’aller plus loin qu’une élaboration d’un questionnement mais notre projet est, l’année académique prochaine, d’organiser un focus groupe sur cette question, tant avec les enseignants qu'avec les étudiants de notre établissement. <br />L’école devrait permettre à cette diversité de positionnements de se côtoyer pour permettre de travailler ces dimensions rendues visibles. Rendre visibles la pluralité des points de vue, même au risque du conflit, permet d’éviter l’invisibilité de certains replis identitaires qui empêchent le vivre ensemble, le débat démocratique et par là, une différenciation nuancée, la pensée individualisée qui est la base de la réflexion critique.<br />Des initiatives afin de faire émerger les différences et les faire se rencontrer sont actuellement envisagées au sein de l’école. <br />Il serait sans doute intéressant que nous commencions par essayer de faire en sorte que notre établissement fonctionne lui-même comme une plateforme d’échange et de débats sur les controverses et les sujets polémiques qui traversent la société.<br /><br />

Mots clés :

Formation, Intervention sociale et travail social, Interculturel, engagement - identités

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