Faire face à l’infobésité en contexte migratoire par le numérique : une expérience suisse.
Année : 2019
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
KONAN NDRI PAUL (Suisse) – ndripaul.konan@eesp.ch
N'DIAYE FATOU (Suisse) – fatou.ndiaye@eesp.ch
Résumé :
Indépendamment de leurs différences culturelles, de leurs origines géographiques ou encore de leur statut juridique, les migrants nouvellement installés dans une société d’accueil semblent posséder un principal dénominateur commun : leur vulnérabilité informationnelle (Béji & Pellerin, 2010). D’une part, leur intégration commence par l’accès aux informations sur les différentes composantes de cette société. En ce sens, ils sont de plus en plus exposés à une pluralité des canaux d’informations. Si de prime abord, cette diversification est censée leur permettre d’accéder à plus de données potentiellement utiles, il semble que les migrants se retrouvent de plus en plus confrontés à une augmentation exponentielle de volume d’informations les concernant (Steiger & Magalhes de Almeida, 2015), sans que ceux-ci ne sachent comment traiter toute cette masse d’informations et aussi sans être en mesure, ou bien difficilement, d’apprécier la qualité de ces informations souvent non validées. A l’instar de ce qui se passe dans les entreprises (Sauvajol-Rialland, 2013), la paralysie de l’action et le choix d’une mauvaise décision deviennent de ce fait des risques majeurs pour le processus d’intégration et le vivre-ensemble. <br />Aussi, devant ce qui est désormais qualifié d’infobésité (Sauvajol-Rialland, 2013), l’enjeu ne semble plus être d’obtenir l’information car celle-ci est omniprésente et disponible partout. Le principal enjeu pour les migrants est désormais de pouvoir accéder facilement à la « bonne information », l’information pertinente en adéquation avec leurs situations personnelles, celle qui les aidera à s’intégrer le plus rapidement possible à la société d’accueil (Béji & Pellerin, 2010). Pour faire à ce « cancer silencieux » (Sauvajol-Rialland, 2014) du vivre-ensemble et permettre aux migrants de pouvoir séparer le bon grain de l’information de l’ivraie de la surcharge informationnelle (Edmunds & Morris, 2000 ; Eppler & Mengis 2004), il est proposé de concevoir des outils, notamment numériques, qui permettent aux personnes d’extraire la « substantifique moelle » de l’information, celle qui correspond aussi précisément que possible à leurs besoins du moment (Sauvajol-Rialland, 2013). <br />Nous inscrivant dans le contexte de ces opportunités que laisse augurer le numérique, nous rapporterons et discuterons dans le cadre de congrès des premiers résultats d’une recherche-action, intitulé Vaud Integration Vulnerabilites REsponses (VIVRE), qui a pour objectifs d’aider les migrants nouvellement installés sur le canton de Vaud (Suisse) à faire face à leur vulnérabilité informationnelle et au partage moindre d’expériences en matière d’intégration socioprofessionnelle (Steiger & Magalhes de Almeida, 2015). A cette fin, nous développons une plateforme numérique interactive qui vise à permettre aux migrants 1) d’accéder de manière simple, rapide et ciblée à la « bonne information » par un matching en temps réel des informations disponibles sur la plateforme avec leurs données personnelles et 2) d’échanger, partager leurs expériences par la mise sur pied d’une communauté de pratiques (Dameron & Josserand, 2007), et faire valider les informations par des professionnels de l’action sociale. Outre son objectif de faire du numérique un levier à l’intégration des migrants en Suisse, le caractère innovant de cette recherche repose sur le fait qu’elle est construite en partenariat avec des acteurs politiques et de l’action sociale pour répondre à des besoins clairement identifiés par les migrants eux-mêmes. En ce sens, cette communication s’inscrit adéquatement dans l’axe 3 du congrès « Élaboration et mise en œuvre des politiques publiques ». En effet, la recherche qui sera présentée vise à montrer en quoi les technologies numériques (Bobillier-Chaumon, & Ciobanu, 2009 ; Gautellier, 2002) peuvent, à un niveau local, venir en appui aux manières traditionnelles et humaines d’aide aux migrants dans leur démarches d’intégration sociale et professionnelle. <br />
Mots clés :
Intégration, infobésité numérique
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