Le travail social à l’épreuve des relations interethniques. Étude de deux cas contrastés d’accompagnement en Guyane française.
Année : 2019
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
QRIBI Abdelhak (France) – abdelhakqribi@orange.fr
Résumé :
Terre de migrations et de métissage, la Guyane est aussi le théâtre de hiérarchisations socio-ethniques qui impactent la vie des populations les plus vulnérables socialement. Le travail social étant au cœur des dynamiques d’une société, fragmentée, ethnicisée et en quête de projet (Collomb, Mam Lam Fouck, 2016), il demeure perméable aux enjeux de cohésion sociale, de représentations et de stratégies d’acteurs dans l’accompagnement des personnes en situation de précarité. <br />Partant d’une position de formateur au travail social et d’observateur des pratiques professionnelles, la communication interroge les modes opératoires des travailleurs sociaux dans un contexte pluriethnique et pluriculturel au regard des fondamentaux éthiques de l’accompagnement tels qu’ils sont définis dans la charte internationale du travail social et au regard des axes du congrès. Une diversité de pratiques est constatée.<br />De manière plus précise, la communication prend appui sur deux cas cliniques contrastés d’accompagnement social. Le 1er cas est celui d’une contrôleuse de la Caisse d’Allocation Familiale, en interaction avec une femme d’origine brésilienne, mère de plusieurs enfants, en situation financière et socioéducative difficile. Le poids des stéréotypes relatifs à la population migrante brésilienne et féminine affecte la dynamique relationnelle et participe à la production de pratiques humiliantes, assignant l’usagère à une place de paria devant justifier et mériter l’aide sollicitée. La résistance de l’usagère face à cette assignation identitaire est également analysée (Vié et Qribi, 2019). <br />Le second cas d’étude est celui d’un éducateur spécialisé chargé de l’accompagnement d’un demandeur d’asile d’origine colombienne et de sa famille, au sein d’une structure de la croix rouge, palliant l’absence d’un Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile sur le territoire. La politique migratoire étant très restrictive en matière d’asile, le travailleur social prépare les usagers à envisager et à se préparer à une issue défavorable. Sont décrits dans ce cadre, le cheminement du professionnel et ses stratégies, tant à l’intérieur du cadre intentionnel qu’à ses marges, pour forger les lignes d’un accompagnement qui soit autre chose qu’une normalisation et qui favorise le pouvoir d’agir des personnes accompagnées (Qribi et Chapellon, 2018). <br />Enfin, la communication propose une réflexion sur la formation des travailleurs sociaux dans un contexte de pluralisme culturel. Comment favoriser une intelligence de raison et de cœur des situations rencontrées par les professionnels ? Comment favoriser une intelligence pratique permettant d’accompagner sans aligner l’autre dans des logiques normatives pour se situer dans une perspective favorisant son pouvoir de décision et d’émancipation ? <br />
Mots clés :
← Retour à la liste des articles