Alimentation et inégalités sociales à Barcelone : Réflexions autour d’une recherche participative

Année : 2019

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

DURáN MONFORT PAULA (Espagne) – paula.duran@ub.edu
Llobet Estany Marta (Espagne) – mllobet@ub.edu
CLAUDIA ROCíO MAGAñA GONZáLEZ (MEXIQUE) – claudia.magana0404@gmail.com

Résumé :

La recherche que nous réalisons à Barcelone porte sur l’impact produit par la crise dans la situation de pauvreté alimentaire des familles monoparentales, immigrantes et personnes aînées et sur les stratégies qu’elles développent pour y faire face. Nous analysons également les dispositifs d’aide mis en place dans la ville, l’effet de ces pratiques sur le bien-être des personnes et la transformation qu’elles produisent dans la situation de précarisation.<br />Cet étude a été développé dans le cadre d’un projet international : “L’alimentation depuis une perspective globale et no réductionniste des besoins”, qui est coordonnée par le CREMIS (Centre de Recherche et Études de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations). Dans le cadre de cette recherche participent aussi des équipes de l’Università di Siena, l’Institut Supérieur de Mulhouse, la Fédération des Services sociaux de Bruxelles, l’Universidad de Guadalajara et l’Universitat de Barcelona.<br />Nous présentons une communication qui prétend réfléchir sur l’effet que cette recherche peut avoir dans l’ouverture de brèches dans les murs qui protègent les inégalités (McAll, 2017) autour de l’alimentation.<br />Dans la première phase de la recherche (2015-2016) nous avons réalisé 50 entretiens individuels et de groupe aux familles et personnes aînées, ainsi qu’aux professionnels et activistes de l’aide alimentaire. Dans la deuxième étape (2016-2017) nous avons développé six groupes de discussion (familles d’un côté et professionnels d’une autre) L'utilisation de cette dernière technique, en tant qu'espace partagé, a permis la reconnaissance de l’autre et du soi-même, dans le cas des familles. Et ça a favorisé l'apparition de la honte et de la stigmatisation vécue par les personnes quand ils font la demande d'aide alimentaire.<br />Ce dialogue avec le groupe a aussi permis répondre sur l’utilité sociale de la recherche pour le changement des situations de précarisation en matière alimentaire. Cela nous a fait réfléchir sur différentes questions : "pour qui ?", "pour quoi ?" et "comment ?" nous produisons la connaissance, comme le dit Lander (1999). Il nous a paru très important de nous interroger sur l'applicabilité des connaissances que nous produisons et sur le fait que cela pourrait, dans le cadre de notre recherche, contribuer à la réduction des différences qui existent au niveau intrasocial (Millán, 2004).<br />Ça a été l’objectif de la troisième (2017-2018) et quatrième étape de la recherche (2018-2019) où nous avons développé deux ateliers avec tous les acteurs dans deux territoires de la ville, pour après créer un espace de réflexion collective –en format des journées de débat– à Barcelone. Dans ce contexte, nous avons proposé un autre processus méthodologique –« sentir-penser »– pour repenser le problème alimentaire d'une façon collective à travers de nouvelles formes-espaces de conversation (Escobar, 2014). Partant de cette position épistémologique, nous partageons la diversité d’expériences et savoirs pour transformer le problème alimentaire en recouvrant les notions de dignité humaine et de droit à l'autonomie en matière d'alimentation à Barcelone. La recherche est dirigée dans cette nouvelle étape vers l'action.<br />

Mots clés :


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