Le « voyage » comme forme de connaissance : Expériences d’une recherche-action à Barcelone
Année : 2019
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
DURáN MONFORT PAULA (Espagne) – paula.duran@ub.edu
QUIROGA RAIMUNDEZ VIOLETA (Espagne) – violetaquiroga@ub.edu
MUñOZ GARCIA ARACELI (Espagne) – aracelimunoz67@gmail.com
Résumé :
Les sciences sociales, comme le reflète la littérature consacrée à l'étude des migrations, ont développé un modèle de connaissance de ce fait social basé sur le déracinement et la rupture créés entre les sociétés d'émigration-immigration ou entre la population immigrée et autochtone. Sayad (2011) explique comme l'invisibilité de la condition d’é-migrant et la réaffirmation de l’individu comme in-migrant impliquent une approche réductionniste d'un processus envisagé uniquement par rapport à la société de réception. En ce sens, l'approche binaire d'une réalité sociale complexe, hétérogène et diversifiée est devenue le principe organisateur de la réflexion théorique existante sur les populations en mouvement (Diminescu, 2010). Cette construction euro-centrée produise une hiérarchisation qui, justifiée ontologique et épistémologiquement, légitime les dispositifs de subjectivation qui s'exercent sur les individus mobilisés.<br />Face à l'hégémonie discursive et institutionnelle qui produit la discrimination des personnes racialisées, il est possible d'articuler des brèches dans les murs qui séparent symboliquement et physiquement des groupes socioculturels différenciés (McAll, 2017).<br />Dans ce contexte, nous développons une recherche participative qui se déroule à Barcelone avec des mouvements activistes et entités d’auto-organisation qui luttent pour la reconnaissance des droits du collectif migrant. Une initiative construite en dedans et en dehors de l’Université, qui propose la création d’espaces horizontaux, intersubjectifs et dialogiques afin que tous les acteurs puissent collectivement aborder les biais épistémologiques et méthodologiques qui existent dans les connaissances produites par l’académie sur les migrations.<br />Le « voyage » est alors reconnu comme une manière de connaissance (Luste Boulbina, 2013) qui permet de s'ouvrir vers la diversité des représentations, des connaissances et des pratiques qui sont reélaborées sur les migrations à partir de positions multi-situées où les personnes migrantes deviennent des sujets centraux dans la construction de la pensée et de l'action.<br />La recherche de méthodologies-autres (Walsh, 2007) est proposée comme un élément nécessaire pour établir interconnexions entre les espaces académiques et les non-académiques. Un chemin qui permet pas seulement (re) penser ces réalités collectivement et les inégalités ontologiques et épistémologiques qui sont produites, sinon surtout favoriser des processus dialogiques qui puissent favoriser l’articulation de propositions transformatrices des dynamiques d’inégalité et exclusion sociale.
Mots clés :
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