La mise en forme de l’espace communautaire dans son lien différencié avec l’espace public : une analyse à partir de l'action communautaire de santé mentale de la région de l'Estrie au Québec.

Année : 2019

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

CAILLOUETTE Jacques (Canada) – Jacques.Caillouette@USherbrooke.ca
SAVARD Sébastien (Canada) – ssavard@uottawa.ca
BOURQUE Denis (Canada) – denis.bourque@uqo.ca

Résumé :

La pratique du travail social se modélise selon les différents cadres où elle se déploie. Un lieu important du déploiement des pratiques d’intervention sociale est celui de l’action des organismes communautaires. Dans notre exposé, nous adoptons un paradigme spatial pour parler de ce lieu d’action, nous parlons en quelque sorte de la spatialité de la mise en forme (Cefaï, 2007) des rapports sociaux. Or, sur les plans pratique comme théorique, l’enjeu de la définition de l’espace communautaire nous apparaît important, notamment dans un contexte où la rationalité néolibérale (Dardot et Laval, 2010) domine de plus en plus les rapports du vivre-ensemble. Nous posons au contraire l’espace communautaire comme un lieu potentiellement privilégié pour favoriser, sous des principes de démocratie et de participation sociale, l’accroissement du pouvoir d’agir des individus et des collectivités.<br /><br />À nos yeux, il importe de préserver et de développer l’espace communautaire d’intervention sociale comme un lieu favorisant l’expression de la participation sociale et citoyenne. Si l’on prend par exemple le secteur de la santé mentale, cet espace communautaire, lorsque reconnu dans sa spécificité, nous apparaît un facteur d’oxygénation pour tout le champ de l’intervention en santé mentale. Or, si l'on parle de tensions dans la définition des pratiques d’intervention sociale, nous observons de plus en plus l’influence des mécanismes de gestion publique sur la définition des pratiques d’intervention sociale dans l’espace communautaire. <br /><br />Dans la mesure où le milieu associatif de la société civile fait valoir son identité propre et possède les moyens pour affirmer et développer son autonomie, il contribue significativement à la construction d’un vivre-ensemble, et même d’un buen-vivir (Santos, 2011), dans notre société. Il est donc important de comprendre et de définir le spécifique de ce milieu. L’originalité de notre démarche est de le faire en empruntant une métaphore spatiale. <br /><br />Pour définir et qualifier l’espace communautaire, nous allons le juxtaposer à l’espace du réseau public du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en prenant le secteur d’intervention plus particulier du champ de la santé mentale et de la dépendance. <br /><br />Les données sur lesquelles s’appuie notre analyse sont tirées d’un terrain de recherche effectué au printemps 2016 dans la région de l’Estrie, au Québec (Caillouette et al., 2018). Ce terrain fut exploré dans le cadre plus large d’une recherche comparative entre l’Ontario et le Québec analysant le rapport des organismes communautaires, en santé mentale et en dépendance, avec l’État (Savard et al., 2014-2017). Pour notre observation, nous avons principalement réalisé des entrevues semi-dirigées auprès de quatre intervenantes et/ou gestionnaires du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et de treize responsables ou intervenantes d’organismes communautaires œuvrant dans le champ de la santé mentale ou de la dépendance. <br /><br />C’est en étudiant notre matériel d’entrevues qu’il nous est apparu heuristique de poser le réseau public et le milieu communautaire comme deux espaces culturels et organisationnels aux potentialités différentes d’action, d’interaction et de mise en lien des acteurs. Pour définir les rôles et les identités de ces lieux, et dans ces lieux, nous avons identifié quatre types de rapport à interroger : soit les rapports au territoire, à la personne, au politique et à la culture organisationnelle. Après avoir qualifié ces rapports, toujours dans un exercice de définition et d’analyse, nous aborderons l’enjeu du financement des organismes communautaires à travers trois types de perspectives : marchande, de participation dépendante et d’affirmation identitaire.<br />

Mots clés :


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