Situation des personnes migrantes LGTBI* installées à Barcelone. Évaluation des besoins et conception de propositions d'intervention
Année : 2019
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
BOIXADOS PORQUET ADELA (Espagne) – boixados.adela@gmail.com
CHAGAS LEMOS eveline (Espagne) – echagas@ub.edu
QUIROGA RAIMUNDEZ VIOLETA (Espagne) – violetaquiroga@ub.edu
Résumé :
L’objectif de cette communication est de présenter les résultats de la première phase d’un travail de recherche visant à connaître la situation sociale des personnes LGTBI* migrantes installées à Barcelone et à Toulouse, dans le but de lutter contre les discriminations et d’améliorer l’inclusion. Ce travail a été réalisé en collaboration avec l'association catalane Acathi et des entités toulousaines qui travaillent à la défense de ce collectif. Cette recherche a été rendue possible grâce au projet européen transfrontalier ProspecTsaso qui s’inscrit dans l’axe 5 du Programme Opérationnel de Coopération Territoriale Espagne-France-Andorre 2014-2020 (Interreg - POCTEFA) ayant pour but de renforcer les compétences et l’inclusion au sein des territoires.<br />La situation des personnes LGTBI* est très variable selon les pays : les uns sont caractérisés par le respect et des législations protectrices de la diversité sexuelle quand les autres au contraire, violent clairement les droits de l'Homme les plus fondamentaux (CEAR, 2015 ; Amnesty International, 2009). Le déplacement vers d'autres territoires à la recherche d'un plus grand respect a souvent été une caractéristique des personnes appartenant à des minorités sexuelles. Cela a souvent permis à ces personnes de reconstruire leur vie et de trouver, du fait de leur rejet social élevé, un environnement plus anonyme, loin de la pression dont elles pouvaient être les victimes dans leur territoire d'origine. Il est nécessaire de réfléchir au rôle du travail social car, comme le dit Aguilar (2004), « les flux migratoires internationaux et le fait que notre pays en soit récepteur ont considérablement modifié le contexte d'intervention du travailleur social, qui est incontestablement de nature multiculturelle et multiethnique ». De plus, il faut souligner l'invisibilité des mouvements migratoires LGTBI* dans un contexte où les stéréotypes et les rumeurs comblent l’absence d'information (Araneda, 2011). La Fédération internationale des travailleurs sociaux (IFSW, 2014) reconnaît le risque accru de vulnérabilité, d'oppression et de marginalisation des personnes ayant une identité sexuelle, une orientation sexuelle ou une expression de genre différentes de la norme sociale.<br />La méthodologie utilisée dans cette première phase de l’étude a été de nature qualitative et a consisté en 20 entretiens de personnes LGTBI réfugiées à Barcelone participant à l’association Acathi. Les personnes interrogées avaient entre 23 et 83 ans et étaient arrivées entre 2013 et 2016. 60% venaient d'Amérique latine, 20% d'Afrique et 20% de l’Europe extra-communautaire. 50% avaient un niveau d’études supérieures. Plus de la moitié avait un emploi au moment de l'entretien.<br />L'analyse des réponses révèle que ce collectif subit plusieurs niveaux de discrimination qui interagissent entre eux, ce qui génère de nouvelles inégalités qui agissent de manière indépendante des différents facteurs qui les génèrent. Face à la situation de discrimination et de violence subie dans leurs pays d'origine, 85% des personnes participant à l'étude ont déclaré avoir pris la décision d'entreprendre un projet de migration pour fuir l'homophobie et la transphobie. 50% ont déclaré avoir été victimes dans leur pays d'origine d'une situation de discrimination en raison de leur sexualité ou de leur identité de genre.<br />À leur arrivée à Barcelone, la plupart des réfugiés LGBTI* qui ont participé à l’étude ont pu vivre leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leurs préférences sexuelles de façon plus libre, ce qui a impliqué pour eux de se sentir plus en sécurité et de connaître une amélioration de leurs conditions sociales. Les personnes LGTBI* participantes ont déclaré bénéficier du soutien de différentes entités sociales comme Acathi.<br />
Mots clés :
LBTBI*; personnes réfugiées, discrimination, besoins, travail social
← Retour à la liste des articles