La famille…espace incontournable du vivre ensemble
Année : 2019
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
LEBEL Gaëlle (France) – glebel@irtsnormandiecaen.fr
Résumé :
C’est de la question de la construction de l’altérité dont il s’agit. Si l’on considère que la famille est le premier espace de socialisation de l’enfant, ne constitue-t-elle pas également le premier espace du vivre ensemble ? La famille, ce groupe social qui offre les premières interactions et fait de ce bébé un être social qui devient lui-même en se différenciant des autres.<br />La famille est aussi le premier palier de la société au sens de la communauté, c’est-à-dire d’un ensemble d’individus liés par une même culture, des codes sociaux identiques et dans une parole commune. Pour aller plus loin dans cette similitude, on trouve deux dimensions similaires dans le mot communautaire et dans celui de la famille. Le premier aspect est bien celui de l’unité, voire même l’idée de bien commun. Effectivement dans une dimension familiale on dira sans encombre que les membres partagent ensemble un patrimoine commun qui sera d’ailleurs parfois source de tensions intrafamiliales lorsque l’occasion se présentera. La seconde dimension est celle du sentiment d’appartenance qui fait de la famille et de la communauté des éléments essentiels du réseau primaire d’un individu. Le sentiment communautaire est avant tout un sentiment d’être bien ensemble. Quand les choses vont mal en famille et que les liens sont mis à rude épreuve, comment reprendre goût au vivre ensemble ?<br />Si les relations entre un enfant et sa famille dysfonctionnent, parfois jusqu’au point de rupture, il sera nécessaire de protéger les uns des autres pour que chacun puisse continuer sa route, parfois jusqu’au placement. Alors dans ce cas, comment peut-on réparer le vivre ensemble, où chacun des mots compte ? Vivre, c’est se développer, faire des projets, être heureux. Cette idée de bonheur, à défaut de constituer une finalité, peut néanmoins permettre de baliser la route. Ensemble, quand les altérités se rejoignent et que l’individu peut exister à part égale des autres, dans le partage.<br />Quels sont les outils professionnels qui vont permettre d’expérimenter à nouveau cette idée d’être ensemble en famille quand les liens ne permettent plus l’échange et la vie quotidienne ? <br />Le fait que nos sociétés aient fait apparaître une idée de couple fondé non plus sur le lien matrimonial mais sur la dimension affective de ce lien, a amené d’autres formes de vivre ensemble en famille. La monoparentalité et les recompositions familiales nous amènent aujourd’hui à réfléchir à nouveau le bien vivre ensemble en famille. Comment dans une famille avec un seul adulte au quotidien, peut-on laisser la place au rire, à la légèreté alors que bien des tensions s’exercent ? La vulnérabilité affective et sociale ainsi engendrée par cette forme de famille, amène les travailleurs sociaux à d’autres propositions pour que la parentalité soit de nouveau une possibilité dans des gestions complexes du quotidien. Même intention sans être dans les mêmes configurations pour les familles dites recomposées où plusieurs systèmes familiaux coexistent.<br />L’approche systémique et l’utilisation du jeu peuvent proposer un premier élément de réponse. Cette approche reste une vision globale du groupe que ce soit la famille, ou une communauté. La nature et la qualité des liens qui constituent le maillage de cette entité reste le socle et le soutien de l’identité. Le sentiment d’appartenance est un élément incontournable de la constitution même de l’identité et bon nombre de recherches n’ont fait que vérifier le fait de pouvoir prendre appui sur un groupe, quel qu’il soit, représente une force pour faire face à l’adversité. <br />Dans cette proposition nous ferons état d’un accompagnement d’une famille monoparentale et l’utilisation du jeu. Dans un dispositif de protection de l’enfance, en milieu ouvert, comment le fait de « prescrire » de jouer ensemble a pu modifier les relations entre une jeune mère et sa fille en réduisant ainsi les indicateurs d’une situation de danger.<br /><br />
Mots clés :
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