Les médiateurs urbains en Suisse romande : quelles spécificités par rapport aux travailleurs sociaux hors murs ?
Année : 2019
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
ANDREOLI LIVIO (Suisse) – livio.andreoli@hevs.ch
Résumé :
La nuit urbaine est un nouvel objet d’étude où la question du vivre-ensemble est posée de manière prégnante. Incivilités, littering, harcèlement de rue, nombre de problématiques sont évoquées dans cet espace-temps de la nuit auxquels les politiques offrent souvent une réponse sécuritaire. Depuis les années 2000, les municipalités de Suisse ont mis en place des dispositifs permettant d’administrer la nuit en matière de prévention et de résolution de troubles à l’ordre public. Dans la partie francophone du pays, de nombreux dispositifs sont apparus récemment (2015) et n’ont pas encore donné lieu à des études approfondies (Darbellay, 2016 ; Darbellay & Pinho, 2014) comme cela est le cas en France (De Maillard, 2012) ou au Québec (Jaccoud, 2016). Notre étude, financée par le domaine Travail social de la HES-SO, interroge ces nouvelles pratiques et ces nouveaux acteurs d’une part du point de vue structurel et d’autre part du point de vue des pratiques.<br /><br />Nous inscrivons ces nouvelles pratiques dans le cadre de la médiation urbaine ou médiation de quartier (Hainz, 2014 ; Divay, 2012 ; Barthélémy, 2009 ; Tourrilhes, 2008 ; Astier, 2005 ; Tissot, 2005 ; Ben Mrad, 2004 ; Bonafé-Schmitt, 2004). Celle-ci est définie par un champ spécifique d’intervention (quartiers, villes), des missions particulières comme la lutte contre la désagrégation sociale ou la facilitation du vivre-ensemble et par une démarche de participation citoyenne (Ben Mrad, 2004). Ainsi, ce type de médiation répond à une logique spécifique, qualifiée de logique de médiation, qui a pour but de créer de nouveaux lieux de régulation (Bonafé-Schmitt, 2008).<br /><br />En comparant les activités des médiateurs urbains avec celles présentées dans le référentiel de compétences des travailleurs sociaux hors murs (TSHM) (Auroi, Fridez, Lemaitre & Stimoli, 2017) ainsi que la Charte des TSHM de 2004, nous constatons que nombre d’activités et de valeurs se retrouvent conjointement dans ces deux groupes professionnels. Ce constat nous a amenés à nous interroger sur les différences effectives qui justifient des distinctions en termes de reconnaissance professionnelle. En effet, les TSHM pratiquent à l’issue d’une formation certifiante alors que le profil des médiateurs urbains est divers et considéré, par la plupart des municipalités qui les engagent, sans formation étant donné qu’il n’existe pas en Suisse d’école délivrant le titre de médiateurs urbains. Partant de ce constat, nous avons voulu comprendre quelles activités effectuent les médiateurs urbains sur le terrain de la nuit, en fonction de quels référentiels professionnels, de quels publics cibles et modalités d’intervention.<br /><br />Pour ce faire, nous avons choisi deux villes de Suisse romande (Lausanne et Thônex) qui se différencient par la structure faîtière qui accueille ces dispositifs (sécurité vs sociale), par les profils des acteurs (intervenants sociaux – sanitaires – sécuritaires) et les conditions qui ont amené les municipalités à créer ces dispositifs (tapage nocturne, littering, addictions, harcèlement de rue, etc.). Premièrement, nous avons réalisé une analyse documentaire des éléments expliquant l’origine et le fonctionnement des dispositifs. Puis, nous avons effectué des entretiens semi-directifs avec les responsables des dispositifs et les autorités municipales en charge des départements dans lesquels s’inscrivent les structures de médiation urbaine pour compléter nos données. Ces dernières nous ont permis de procéder à une comparaison systématique des deux dispositifs. Deuxièmement, nous avons effectué des observations sur le terrain (3-4 soirées par dispositif), complétées par des entretiens d’explicitation avec les médiateurs urbains afin de mettre en exergue leurs activités et les logiques sous-tendant ces dernières.<br />
Mots clés :
Acteurs, Cohésion sociale, Médiation
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