mouvemnets migratoires: Travailleuses migrantes dans les maisons d'hebergement-caritas Liban

Année : 2019

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

CHERFANE JOELLE (Liban) – joelle.cherfane@caritas.org.lb

Résumé :

La question migratoire revêt de nos jours une importance croissante, marquée notamment par des ‎‎‎‎évolutions dans les trajectoires des migrants, de nouvelles logiques de parcours. Quels que soient ‎‎‎‎aujourd'hui les motifs, les contraintes, les stratégies ou encore les échelles (individuelles et ‎‎‎‎collectives, temporelles, spatiales…) qui définissent les ressorts des migrations, la variété des ‎‎‎‎situations historiques, sociales, économiques et géopolitiques propres aux pays, régions ou villes ‎‎‎‎d'où partent les migrants ou vers lesquels ils se dirigent, participent à complexifier les flux ‎‎‎‎migratoires de ce début de 21e siècle.‎ Les conséquences de migration de travail socio-économiques ont une double ‎facette; dans ‎le ‎‎‎pays d'origine et dans le pays d'accueil. D'une part, les migrants ‎jouent un rôle important dans ‎la ‎‎‎réduction de la pauvreté de leur famille restée ‎dans leur pays d'origine, au moyen de ‎remises ‎‎‎considérables qu'ils leur envoient. ‎D'autre part, dans les pays d'accueil, les migrants ‎accomplissent ‎‎‎toute sorte de ‎travail que les citoyens de ces pays refusent d'exercer vu qu'ils les ‎considèrent ‎‎‎‎comme des tâches avilissantes tel le travail d’entretien.‎<br />Au Liban, le nombre des Travailleuses Migrantes à Domiciles (TMD) ‎‎augmente, de plus en plus, chaque année, les problèmes et les demandes d’aide auprès ‎‎des ONG s’amplifient d’un jour à l’autre. Les TMD se trouvent dans tout le pays, presque dans chaque foyer, pour ‎des ‎salaires ‎plutôt réduits et dans de conditions de travail très difficiles. Elles font face à ‎leur ‎situation, dans ‎l’espoir d’expédier l’argent gagné à leurs proches et d’améliorer leurs ‎conditions ‎financières et ‎celles de leurs familles.‎ Les TMD expriment leur besoin de retourner à leurs pays d’origine ‎‎ou bien de rester au Liban et travailler chez un nouvel employeur. Notre devoir est d’accueillir ‎‎les TMD dans les maisons d’hébergement et d’intervenir auprès d’elles afin de trouver ensemble les solutions convenables pour chaque situation.‎‎<br /> « Les TMD de nationalités différentes, se trouvent ‎confrontées à une réalité complexe, quand elles seront présentes toutes seules dans une maison ‎d’hébergement. Lorsqu’elles décident d’entreprendre des démarches, afin de mettre un terme à la ‎différence, la routine et la solitude, elles empruntent un parcours jalonné d’obstacles. Mais elles ‎peuvent aboutir à de convenables solutions avec l’aide des professionnels." (Témoignage d'une résidente togolaise) <br />‎ J’ai utilisé l’approche interculturelle dans mon intervention et qui visait d’accéder à la ‎communication, à la compréhension et à la tolérance face à la diversité culturelle. En effet, ce processus implique non seulement une découverte de ‎l'autre dans sa différence, mais aussi une réflexion sur soi et une conscience ‎de soi en tant qu'être de culture et de sous-cultures avec ses codes, ses valeurs, ses modèles de ‎comportement, ses aspirations relatives à ses différentes appartenances: nationale, ethnique, ‎religieuse, catégorie sociale, régionale, appartenances professionnelles et institutionnelles, etc.‎ <br />L’approche interculturelle facilite la création des conditions favorables au dialogue et à l’acceptation de l’autre. La compréhension des fondements l’un de l’autre facilite souvent, la construction de relations plus équilibrées et positives. Ceci exige aussi la présence d’une certaine ‎harmonie entre ces différents acteurs (employeurs/ TMD et professionnels et TMD elles-mêmes) pour arriver à un certain équilibre nécessaire pour le travail, ‎où chaque décision sera prise par consensus (pas de marginalisation, pas de domination du plus ‎fort sur le plus faible, chaque personne peut donner son avis et participera à la décision).‎ Le but principal est la mise en œuvre d'un espace culturel commun. Un espace commun où ‎chacun trouve sa place et où chacun a la possibilité de partir à la découverte de l'autre, de se faire ‎connaître de l’autre.‎ Avec le désir et la volonté d’acquérir une connaissance interculturelle qui permet de se ‎décentrer pour adopter le point de vue de l’autre, nous arriverons à construire des ponts de ‎compréhension mutuelle.<br />

Mots clés :


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