LA MÉDIATION FAMILIALE, AU CŒUR DU VIVRE ENSEMBLE

Année : 2019

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

CHOUCHANI HATEM Rita (Liban) – rita.chouchani@usj.edu.lb

Résumé :

<br />Dans un pays qui se bat au quotidien pour le vivre ensemble sous toutes ses formes, qui tente de survivre à ses conflits sociopolitiques. Le régime matrimonial se pointe comme un espace conflictuel à ne pas négliger.<br />Etant de la compétence des communautés confessionnelles, le statut du mariage au Liban, ne connaît pas, en droit, une autre forme que celle religieuse (Ducruet 2003). Il est régi par dix-huit communautés qui cherchent tant bien que mal à coexister, chacune possédant ses idéologies, valeurs, culture et traditions. <br /><br />Cependant, dans toute communauté confondue, le taux de séparations et de divorces, a connu ces dernières années une évolution préoccupante. Les tribunaux religieux regorgent de dossiers litigieux de familles touchées par ce phénomène. Un défi de taille, notamment dans l’Eglise catholique, où le mariage, quasi indissoluble, un sacrement et non un contrat (Dr. Can. 1055), devient difficile à gérer. Chaque famille religieuse est dotée d’un système juridique qui aborde surtout les dimensions légales du dossier à défaut de gérer les effets de la séparation ou du divorce sur les membres de la famille, adultes et enfants. <br /><br />En contrepartie, la médiation familiale, jeune champ de pratique au Liban, prend forme timidement dans ces structures religieuses. Chercher à la promouvoir ou à l’institutionnaliser ne pouvait se faire, sans une étude scientifique qui dresse un état des lieux des structures qui reçoivent le couple en conflit. L’Eglise maronite, membre très actif de la curie catholique, est le cadre qui a généreusement accueilli cette recherche. <br /><br />Les initiatives de la dite Eglise, cherchaient à répondre aux exhortations du Pape François qui incite « chaque Église particulière à entrer dans un processus résolu de discernement, de purification et de réforme permanente » (Exho.Apost.2013), afin de mieux appréhender la « réalité de la famille d’aujourd’hui dans toute sa complexité » (Motu proprio, Summa familiae cura), cette étude pourrait donc aider l’Eglise concernée à mieux répondre aux sollicitations de son chef. <br /><br />Cette recherche, est de type qualitatif descriptif, s’inscrivant dans une perspective phénoménologique visant à décrire la pratique de la médiation à travers l’expérience relatée par des informateurs clés. <br /><br />Les résultats recueillis permettent de repérer certains constats qui ont « facilité » d’un côté, une meilleure compréhension de la médiation familiale telle que perçue et pratiquée par des acteurs mandatés par l’Église maronite au Liban, et d’un autre, des données relatives aux couples en conflit, sujets de la médiation. Dans ce contexte se pose la question du ménage en crises de transition, n’ayant pas la culture de la consultation, face à un acteur qui pose un acte tardif, tentant de convaincre le couple, très avancé dans son conflit, à traiter ses différends à l’amiable. <br /> <br />Cette étude permettrait une extrapolation transcommunautaire des résultats aux autres communautés religieuses, chrétiennes ou non, afin de se l’approprier chacune selon ses propres besoins et conditions.<br /><br />Du côté du travail social, lieu d’accueil de la diversité par excellence, cette étude contribuerait à ce que les instances de formation au Travail social au Liban conçoivent des profils professionnels plus adéquats aux exigences du réel. Elle constituerait également un vecteur capital pour le retissage des liens sociaux dans des sociétés pour lesquelles la diversité culturelle et religieuse constitue un défi permanent. <br />

Mots clés :

Médiation, Couple et mariage, médiation familiale, médiation dans un cadre religieux, résolution de conflits, tribunal maronite unifié

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