Le travail social comme vecteur de Politique sociale : Entre gouvernance et gouvernabilité.

Année : 2010

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

HENTATI BELHAJ Sondès (Tunisie) – sondes.belhaj@yahoo.fr
ISMAIL Khadija (Tunisie)

Résumé :

Sous divers angles de réflexion et d’analyse, la question du travail social ainsi que celle de ses champs d’interventions soulève des considérations et des implications diverses qui sont loin d’être dissociées de leur contexte ; encore moins de la nature des besoins et des rapports qui lient les différents acteurs de la société civile.

Si l’on reconnait d’emblée le poids des considérations contextuelles dans la manière de percevoir et d’orienter le social (initialement traduite par une vision philanthropique suivie par des formes d’intervention de proximité et de paternalisme pour s’inscrire actuellement dans le sens de solidarité construite et institutionnalisée), l’on doit aussi témoigner qu’il a été toujours apparenté à l’économique notamment dans sa version de crise. Il semble même que sa traduction dans le contexte actuel dépasse la sphère culturelle (problèmes de repères, d’identité, d’intégration…) pour se situer au niveau des modes de configuration et de la synergie entre l’état et le marché. Cette configuration s’inscrit, du moins selon la représentation véhiculée par le discours public, dans la substitution de l’image « main- mise »ou gouvernance de l’État par « la gouvernabilité ». Peut-on supposer que l’impulsion d’une telle orientation soit associée à la crise de l’État providence, face à des mutations et des enjeux de toutes natures ? Laquelle crise impose non seulement une nouvelle articulation entre les modes de gouvernances mais aussi une nouvelle approche de la politique sociale et du rôle des intervenants sociaux.

Dans ce palier d’argumentation contextuelle, la politique sociale est placée à travers ses nouvelles formes d’intervention et de solidarité construite comme un levier de régulation, d’intégration voire même comme une fonction stratégique dans le processus de développement durable.

C’est par rapport à cette mouvance que s’inscrivent les débats les plus actuels dans des termes de questionnements multiples ; parmi lesquels l’on retient particulièrement ceux relatifs aux objectifs que l’on cherche à générer à travers la reconfiguration du travail social. Est ce que ces objectifs s’inscrivent dans l’idée de « l’État social » et de gouvernabilité, ou se sont plutôt des objectifs de régulations et du progrès dévolus aux intérêts capitalistes qui priment dans ce projet de développement durable ?

L’on inscrit cette contribution non pas dans l’analyse des fondements de la crise de « l’État providence » mais plutôt dans les effets qu’elle a suscité dans les termes d’articulation entre les modes de gouvernance sociale et le rôle attribué au travailleur social. Pour éclairer davantage l’orientation de notre contribution que l’on situe dans le contexte tunisien, nous suggérons les axes de réflexions suivantes :

•Est-ce que le cadre institutionnel et réglementaire qui régit le travail social en Tunisie incorpore l’idée de gouvernabilité au sens d’impliquer les différents acteurs et intervenants communautaires ?

•Peut-on considérer que la formation et les moyens dont dispose le travailleur social peuvent lui permettre d’être outillé pour être un agent de régulation et de ressource face à la diversité et la complexité des champs d’intervention ?

•Quelles sont les formes d’intervention et d’institutionnalisation du social dans le contexte tunisien ; et dans quelle mesure traduisent-elles la logique que sous-tende le mode de gouvernance économique et politique (ancrage d’une solidarité de proximité et de régulation ou d’innovation et de changement)?

C’est dans ce cadre de réflexions sur les logiques qui fondent l’orientation et l’instrumentalisation de l’intervention sociale par rapport aux particularités contextuelles et mode de gouvernance sociale, que l’on situe cette analyse.

Mots clés :

Politique sociale, Développement durable, Action communautaire, Gouvernance Gouvernabilité

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