Une solidarité entre étudiants pour devenir assistants sociaux
Année : 2019
Thème : Une belle histoire !
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
LEIDER SOYEUR Claire (Belgique) – claire.leider@gmail.com
Résumé :
Cette communication se veut volontairement non scientifique, davantage axée sur des valeurs avec une approche humaniste. Elle sera, pour certains, un conte philosophique ou, surtout et avant tout, la présentation d’une belle histoire de solidarité entre deux étudiants qui arrivaient en fin de leur processus de formation, fort péniblement, l’un ayant fait 6 ans d’études pour arriver à la fin de son bac + 3 et le deuxième devant présenter pour la troisième fois un travail de fin d’études (TFE). <br />Formatrice dans une école de service social en troisième année à Bruxelles en Belgique, j’avais la charge d’encadrer un certain nombre d’étudiants pour l’élaboration et la rédaction de leur TFE. Ces deux étudiants faisaient partie de ce groupe. <br />L’un présentait d’importantes difficultés rédactionnelles et de structuration d’un document écrit. L’autre semblait comme bloqué après l’échec des deux premiers TFE. Si le premier venait régulièrement me voir et tirait profit de ces moments d’élaboration commune, de ces échanges d’idées, de cette clarification de sa pensée pour pouvoir mieux la retranscrire … le deuxième s’excusait pour des raisons de maladie ou de non avancement de son travail.<br />C’est ce premier étudiant qui m’exprima son inquiétude pour le deuxième alors qu’il venait de me communiquer sa joie de se voir de plus en plus proche de l’obtention du titre d’assistant social. Grâce au climat de confiance et de sécurité créé depuis quelques mois ( DUCLOS, 2000), cet étudiant m’a exprimé l’évolution de cette vision négative qu’il avait de lui et son auto-discrimination par rapport à ses camarades de classe . Il ne comprenait pas l’attitude de cet autre étudiant qu’il percevait plus outillé que lui pour la réalisation de ce travail. Suite à cette discussion, il est sorti de mon bureau en s’engageant à l’aider, davantage envers lui-même que vis-à-vis de moi.<br />Pendant un mois, tout le monde a pu voir à l’école ces deux étudiants côte à côte, soit dans une classe soit à la cafétéria, l’un toujours assis à côté de l’autre qui tapait par intervalles réguliers sur son pc. Cet étudiant qui avançait péniblement dans l’amélioration de son travail , revenait me voir plus régulièrement et me demandait mon avis sur une nouvelle structure de son TFE ou sur un nouvel écrit. Mon travail de superviseur a consisté surtout à la mise en place d’un processus de construction de sa propre pensée critique ou à le reconnecter à celle-ci car il avait développé une très grande habileté à se conformer aux réflexions des personnes plus expérimentées que lui, que ce soient les enseignants de l’école ou les professionnels rencontrés lors des stages.<br /><br />Au départ de cette histoire singulière, je développerai ce qui a permis à cette belle solidarité d’émerger. Le profil des 2 étudiants me semble le premier ingrédient, le second étant ce « moment d’exception » ( DOLAN, 2009) qui s’est produit dans mon bureau et le troisième, cette relation complémentaire et solidaire qui a permis à ces deux étudiants d’obtenir le diplôme d’assistant social mais aussi de renforcer leur identité propre et leur estime de soi.<br />Cette communication sera ensuite relue à travers les concepts qui y sont liés tels les croyances sur soi, l’estime de soi, la loyauté, l’appartenance, la légitimité, la reconnaissance, selon la thérapie systémique contextuelle ( BORZOMENYI NAGY, I.)….Elle sera articulée avec deux communications précédentes : Relation d’aide-relation d’apprentissage : ressemblances-dissemblances (Namur 2007) et Comment développer l’estime de soi ? ( Hammamet, 2009).<br />
Mots clés :
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