Racisme et réactivation de formes d’oppression chez des femmes descendantes de migrants asiatiques : comprendre les enjeux d’interculturalité en travail social.

Année : 2021

Thème : nsp

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

HAMISULTANE sophie (Canada) – sophie.hamisultane@umontreal.ca

Résumé :

Le contexte de la pandémie en 2020 aura eu plusieurs effets sur les sociétés, sur nos rapports humains. L’exacerbation des peurs, déjà attisées par une renaissance de l’ultranationalisme et les idéologies suprémacistes reprises dans des discours contemporains (Mbembe, 2021), s’est vue amplifiée avec la réalité de la pandémie mondiale due à la COVID 19 dont l’origine serait attribuée à la Chine. Stigmatisées en Amérique du Nord (le président des États-Unis, Donald Trump, nommant la COVID19, le virus chinois) et en Europe où l’on voyait ressurgir « le péril jaune » (Wang, 2020), les personnes asiatiques (notamment les personnes de phénotypes d’Asie du Sud-Est et de l’Est) ont subi un racisme décomplexé. Cet amalgame entre peurs de l’extinction (Mbembe, 2021) et racisme qui s’est répandu notamment en Occident est devenu viral (Laferrière, 2020). Par ailleurs, suite la mort de Georges Floyd, homme noir décédé le 25 mai 2020 aux États-Unis par étouffement lors d’une arrestation policière, de nombreuses manifestions se sont produites au Québec et partout dans le monde, montrant la colère des personnes noires et des autres personnes racisées, notamment asiatiques, et la volonté de ne plus être victime du racisme mais de le combattre.<br /><br />Dans ce contexte, nous avons entrepris une recherche préliminaire (Hamisultane, et al. 2020-2021) sur le racisme envers les personnes descendantes de migrants (PDM) asiatiques durant la pandémie. Cette recherche nous a permis de prendre contact via les médias sociaux avec un groupe qui s’est mobilisé durant cette période où le racisme envers les Asiatiques s’est amplifié. Nous avons pu ainsi effectuer des groupes de discussion, notamment avec des femmes. Suite à cette recherche, nous déployons actuellement un second projet qui vise à examiner les impacts des actes de racisme sur la trajectoire sociale et la subjectivité des PDM asiatiques. Nous nous intéressons également au cadre socio-historique et à l’héritage de formes d’oppression dont ce cadre est porteur. En effet, au Canada, les communautés dites asiatiques, notamment chinoise et japonaise ont subi par le passé des traitements d’exclusion (la loi d’immigration chinoise de 1923 et l’internement dans des camps des Japonais le 24 février 1942), un héritage qui fait aujourd’hui partie de l’identité (Hamisultane, 2017) de ces populations. Notre objectif est donc de mieux comprendre cette population en examinant la détresse due au racisme qui apparaît comme symptôme sur les réseaux sociaux mais reste peu accessible pour le travail social.<br /><br />Notre communication rendra compte de ce projet en cours ainsi que de la recherche préliminaire qui le sous-tend. Les témoignages recueillis, notamment auprès de femmes, lors de groupe de discussion dont nous expliquerons la méthodologie utilisée, nous permettrons de réfléchir d’autant plus aux enjeux en termes d’interculturalité et de racisme (Jovelin, 2003) dans le cadre de l’intervention, de la formation et de la recherche en travail social.<br />

Mots clés :

Interculturalité, racisme, descendants de migrants asiatique

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