Les facteurs qui facilitent ou nuisent au soutien des proches aidants

Année : 2010

Thème : La réalité des enfants qui prennent soin de leur parent vivant en résidence privée

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

MALTAIS Danielle (Canada) – danielle_maltais@uqac.ca

Résumé :

Depuis les années 1980, divers moyens ont été mis en place pour éviter l’institutionnalisation des aînés. Le principal moyen mis en place par le gouvernement demeure celui de reposer sa politique de maintien à domicile sur la contribution des membres de la famille dans la dispensation de multiples soins aux personnes âgées dépendantes. En 2005, seulement 11 % des aînés en perte d’autonomie vivant à domicile utilisaient les services publics de leur région. Au Québec, en 2004, le cadre de référence des services à domicile de première ligne précise que les critères d’admissibilité aux services doivent tenir compte de l’engagement du réseau de soutien des personnes âgées (Conseil de la famille et de l’enfance, 2004). Il s’ensuit que plus la personne âgée en perte d’autonomie reçoit des soins de ses proches, plus elle risque de se voir refuser les services dont elle a besoin ou, du moins, de devoir attendre longtemps avant de les recevoir. L’âge moyen des aidants, en grande majorité des femmes, se situe entre 55 et 65 ans (Conseil des aînés, 2008). Il revient donc aux familles, principalement aux conjointes et aux filles, d’assurer le rôle de premier plan dans la prise en charge de leur proche âgé atteint d’une maladie dégénérative (Ducharme, 2006). Au Québec, sans le travail généralement assumé par les familles et principalement par les femmes, tout maintien dans la communauté des personnes âgées malades ou en perte d’autonomie serait d’ailleurs impossible (Conseil de la famille et de l’enfance, 2004; MSSS, 2005a, 2005b). Malheureusement, le soutien par les proches demeure banalisé et tenu pour acquis par le gouvernement (Conseil de la famille et de l’enfance, 2004).

La prise en charge d’un parent âgé en perte d’autonomie peut s’avérer ardue en particulier lorsque l’enfant qui en est responsable occupe simultanément plusieurs autres rôles de vie. Cette communication a comme objectif de présenter les résultats d’une étude qualitative qui visait à décrire la réalité des aidantes informelles qui ont à charge un parent âgé en perte d’autonomie qui habite en résidence privée. Pour ce faire, trois objectifs spécifiques ont été élaborés. Le premier vise à identifier l’apport des différents membres du réseau d’aide des répondantes dans le soutien aux personnes âgées en perte d’autonomie ainsi que dans leur propre soutien. Le deuxième objectif cherche à déterminer les facteurs d’engagement et de non-engagement liés à la participation des différents membres du réseau d’aide dans leur soutien aux personnes âgées en perte d’autonomie et à son aidante principale et le troisième est de déterminer les stratégies de conciliation qui sont adoptées dans chacune des sphères de vie par les aidantes informelles. À cet effet, onze entrevues semi-dirigées ont été réalisées dans la région du Saguenay (Québec, Canada). Pour participer à la recherche, les aidantes devaient occuper un emploi rémunéré d’au moins 14 heures par semaine et ce, depuis au moins trois mois. De plus, les personnes retenues devaient être l’aidante principale du proche âgé et lui consacrer un minimum de sept heures de soins ou d’aide par semaine. Cette étude permet de constater qu’une grande majorité des répondantes reçoivent du soutien (minimum) de plusieurs membres de leur réseau, mais cette aide est souvent perçue comme étant insuffisante. Les répondantes trouvent essentiel de poursuivre leur rôle de prise en charge, mais plusieurs ont déclaré avoir adopté comme stratégie l’altération ou l’abandon de certains de leurs rôles de vie. Cette étude met en lumière les difficultés que peuvent rencontrer les aidantes informelles, les différents types de soutien qu’elles reçoivent de leur réseau, les facteurs qui facilitent ou limitent la réception d’aide et de soutien des membres de son entourage ainsi que les stratégies de conciliation utilisées par les aidantes afin de poursuivre leurs différents rôles de vie.

Mots clés :

Solidarité de proximité, Responsabilité, Secteur informel

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