La participation citoyenne des jeunes en difficulté : éducation; émancipation et démocratisation des milieux de vie ou des dispositifs de prise en charge
Année : 2021
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
GREISSLER Elisabeth (Canada) – elisabeth.greissler@umontreal.ca
LACROIX isabelle (France) – isabelle.lacroix@jeunesse-sports.gouv.fr
Résumé :
Le regard que l’on porte sur la participation citoyenne des jeunes en difficulté est teinté de représentations avant tout négatives. C’est non seulement un angle mort des sciences sociales (Becquet et Goyette, 2014), mais les études classiques ont tendance à associer les jeunes en difficulté au non-engagement, à son caractère improbable ou aux difficultés rencontrées personnellement pour s’engager (Eliasoph, 2010 ; Gaudet, 2018). Il en ressort l’impression qu’il est difficile d’intervenir pour promouvoir leur participation. Cela renforce les perspectives d’analyse orientées vers les manques ou vers les obstacles qu’ils auraient à franchir pour s’engager. En même temps et sans doute en raison de ce regard sur les jeunes en difficulté, la participation citoyenne prend de plus en plus de place dans l’intervention (Blondiaux, 2008). <br />Dans une perspective éducative, émancipatrice ou d’appropriation de l’acte démocratique (Parazelli, 2009), nombre d’initiatives participatives ont effectivement émergé dans les milieux de vie communautaires comme institutionnels pour les jeunes en difficulté. À mesure que ces initiatives se développent rapidement, plusieurs questions nécessitent d’être posées : quelle est la nature de ces initiatives ? Pourquoi sont-elles mises en place ? Quelle est la place des jeunes ? Comment vivent-ils cette participation ? En quoi cela transforme-t-il ou non l’intervention ? Quel est le rapport des intervenant.e.s avec les jeunes ? Quels sont les effets sur les jeunes ? Comment se perçoivent-ils ? Comment perçoivent-ils les intervenant.e.s ? <br />Comme le propose l’axe 3, cette communication vise à questionner des initiatives participatives. Elle s’appuiera essentiellement sur un ouvrage (Greissler, Lacroix et Morissette, 2020) qui lui-même repose sur les résultats de trois recherches sur la participation des jeunes en difficulté en maison de jeunes, en centre jeunesse et au sein d’organismes communautaires jeunesse comme des maisons d’hébergement. En répondant aux questions posées, nous donnerons des pistes d’analyse des contraintes et des conditions d’émergence de la participation et notamment des dimensions moins connues qui concernent l’influence des « milieux de vie » dans les processus d’engagement. Nous montrerons en quoi elles donnent à la participation des jeunes en difficulté sa spécificité. Nous appréhenderons ensuite les effets de cette participation dans la vie des jeunes. Immédiats ou à plus long terme, sur les plans personnel et collectif, nous donneront des pistes d’analyse des effets selon leur caractère structurant. Nous nous intéresserons notamment à des effets moins durables ou moins visibles qui reposent sur le contexte d’intervention particulier d’encouragement à la participation au sein de ces milieux de vie : plaisir, confiance en soi, revalorisation identitaire, réseau social enrichi, apprentissage de la citoyenneté, scolaire et professionnel. Nous conclurons en abordant les bienfaits et les limites de l’engouement participatif actuel pour l’intervention à l’endroit des jeunes en difficulté.
Mots clés :
Participation, Citoyenneté, Action collective, jeunes en difficulté
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