Rendre visible le racisme : un projet de recherche-action au Québec pour créer une formation à l’université.

Année : 2021

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

HAMISULTANE sophie (Canada) – sophie.hamisultane@umontreal.ca

Résumé :

Au Québec (Canada) plusieurs études montrent que les personnes racisées, notamment les jeunes adultes nés au Québec, vivent différentes formes de racisme. Or, en 2020, durant la pandémie due à la Covid-19, le décès de Georges Floyd par étouffement le 25 mai 2020 aux États-Unis (pour lequel le policier en cause a été jugé coupable de meurtre un an plus tard) a produit de nombreuses manifestations contre le racisme anti-noir et les violences policières au Québec comme dans le monde, notamment avec le mouvement Black Lives Matter. Des témoignages de personnes racisées ont fait surface dans les médias exprimant leurs souffrances dues à un racisme invisible, mais néanmoins présent, qu’ils vivent au quotidien et qui les rend vulnérables (Hamisultane, 2021). Par la suite, les conditions du décès de Joyce Echaquan, femme issue de la nation atikamekw au Québec, le 28 septembre 2020 révèle les propos racistes dont elle a été victime durant son hospitalisation. Des manifestations et des pétitions ont demandé la reconnaissance du racisme systémique par le gouvernement du Québec.<br /><br />L’université n’est pas un lieu institutionnel épargné par le phénomène de racisme et de discriminations systémiques et le besoin de formation sur ces questions y est crucial. Dès le mois de mai 2020, l’École de travail social de l’université de Montréal a œuvré pour réfléchir à ces questions et écouter ses étudiant.e.s racisés. Le comité statutaire antiraciste et inclusif de l’École de travail social de l’université de Montréal (CAÉTSUM) a été voté et mis en place. Il s’adresse aux étudiant.e.s racisés de diverses identités de genre et orientations sexuelles et vivant des formes d’exclusions intersectionnelles. À travers ce comité et avec le soutien de partenaire (Observatoire des profilages et la Chaire de recherche du Canada sur les enfants transgenres et leur famille), nous avons entrepris une recherche-action avec les étudiant.e.s racisé.e.s afin de construire une formation, sous la forme d’une web-série interactive, contre le racisme à destination des étudiant.e.s, enseignant.e.s et personnel administratifs de l’École de travail social.<br /><br />Cette communication raconte ce projet de recherche-action. Dans un premier temps, nous y aborderons les aspects théoriques que nous avons convoqués pour traduire les expériences de racisme vécus par les étudiant.e.s.. Notamment en mettant en lumière les ancrages sociaux historiques du racisme (Stoler 2013, Gay, 2004 ; Memmi, 1994, Césaire 1987). Puis dans un deuxième temps nous présenterons comment nous avons réfléchi et déployé notre méthodologie pour travailler avec ces étudiants, particulièrement, à travers une approche anti-oppressive (Lee et al., 2017 ; Pullen-Sansfaçon, 2013). Dans un troisième temps, nous évoquerons la co-construction théorique et empirique de l’analyse des témoignages recueillis qui a permis d’établir l’architecture de la web-série tant au plan des thématiques abordées que des personnages impliquées et des situations présentées. Enfin, nous terminerons par une réflexion critique sur l’ensemble de la démarche et du processus de recherche en regard de la justice sociale (Bellot, 2017), de l’antiracisme et de la décolonisation nécessaire de nos savoirs à l’Université et dans nos pratiques d’accompagnement pédagogique et réflexif. <br />

Mots clés :

racisme, décolonisation des savoirs, formation, recherche-action, approche anti-oppressive

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