L'autonomisation des jeunes placés ou passés par les structures de l'Aide à la jeunesse: quelles pratiques et quels besoins ?

Année : 2022

Thème : Une recherche-action valorisant l'expérience des jeunes et des professionnels les accompagnant en Belgique francophone.

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

MÉLON Laetitia (Belgique) – lamelon@ulb.ac.be

Résumé :

Dans le cadre d’une recherche-action en cours actuellement, nous nous intéressons à la fin de la prise en charge des jeunes par les structures de l’Aide à la Jeunesse en Belgique francophone et par conséquent, au processus d’autonomisation qui est lié. Il s’agit d’une période transitoire particulière, nécessitant une préparation du jeune et un passage de relais vers d'autres structures. Il s’agit d’analyser les pratiques visant à réduire le risque de désaffiliation sociale des jeunes entendue comme « l’impossibilité de se ménager une place stable dans les formes dominantes de l’organisation du travail et dans les modes reconnus d’appartenance communautaire » (CASTEL R., 1995). En effet, plusieurs études montrent que les jeunes ayant été placés dans des structures de l’Aide à la jeunesse manquent de repères et sont fréquemment concernés par des difficultés sociales pouvant se cumuler comme le décrochage scolaire conduisant à une faible qualification, une insertion socioprofessionnelle peu stable voire inexistante, des problèmes de santé mentale, des difficultés relationnelles (couple, amis) allant jusqu’à l’isolement social, des problèmes de logement et avec la justice, etc. (DUMARET A.-C., DONATI P. et CROST M., 2009). Toutefois, l’autonomie est un terme ambivalent, aux diverses acceptations (ALBEROLA É., DUBÉCHOT, P., 2012). Les travailleurs sociaux n’ont pas une définition uniforme de l’autonomie et développent par conséquent, des pratiques diverses sous le couvert d’un même objectif, l’autonomie de leur public. L’analyse des pratiques d’intervention sociale permet de dévoiler différentes composantes de l’autonomie (affective, administrative, sociale, matérielle, etc.) Celles-ci structurent par exemple, l’outil EVA-GOA utilisé dans des institutions de l’Aide à la Jeunesse qui font partie du terrain d’enquête. En outre, l’autonomie s’inscrit dans la logique d’activation et de responsabilisation des publics accompagnés par les travailleurs sociaux (ALBEROLA É., DUBÉCHOT, P., 2012). <br />Cette communication entend présenter les principaux résultats de cette recherche-action collaborative reposant sur la participation des jeunes (« usagères et usagers ») et des professionnels de l'Aide à la Jeunesse ainsi que leurs partenaires ayant un rôle dans l'accompagnement des jeunes adultes après la fin de leur accompagnement dans les structures de l'Aide à la jeunesse. Tout le projet est construit sur base de la confrontation des points de vue, de l'enrichissement mutuel des expériences de chacun. C’est pourquoi les entretiens collectifs ont été choisis comme principal mode de recueil de données. L’équipe de recherche s’appuie sur des méthodes d’animation participative et créative (World Café, photo-langages, etc.) et sur une démarche inductive qui a l’avantage de ne pas imposer un modèle d’analyse au terrain et permet aux acteurs de terrain d’avoir une grande liberté dans la formulation de leurs réponses. <br />Les résultats présentés permettront de mettre en lumière les besoins des différentes parties prenantes en valorisant en premier lieu la parole des premiers concernés à savoir des jeunes dont la fin de la prise en charge est proche ainsi que des jeunes anciennement placés et donc actuellement, autonomes ou censés l’être. Elle permet aussi de relever les bonnes pratiques, les difficultés et les conditions facilitant et bloquant la sécurisation du parcours autonome des jeunes. En effet, cet accompagnement vers l'autonomie est souvent source de frustrations tant chez les professionnels que chez les jeunes pour des raisons diverses que l’équipe de recherche entend relever sous forme de recommandations à destination du pouvoir de tutelle, commanditaire de cette recherche. Par exemple, cet accompagnement vers l’autonomie des jeunes est souvent marqué par un manque de temps et de moyens, un accompagnement collectif prenant le dessus sur les suivis individuels, le difficile passage de relais vers des institutions partenaires pas encore compétentes puisqu’elles n’interviennent qu’à partir de la majorité légale, le déni de l’état émotionnel, du degré de maturité du jeune et de son parcours antérieur au profit d’une injonction générale liée à l’âge (18 ans), etc.<br />

Mots clés :

Recherche-action, Intervention sociale et travail social, Autonomie

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