Le recours à l'autodivulgation pour favoriser le dialogue dans le contexte d'une recherche au moyen du digital storytelling : possibilités et avenues potentielles
Année : 2022
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
LAMBERT sara (Canada) – slamb034@uottawa.ca
Résumé :
En intervention, l’autodivulgation renvoie au fait de dévoiler des informations personnelles sur soi pour les bienfaits de l’intervention (Zur, 2007). Le recours à l’autodivulgation est parfois délibérée, accidentel ou inévitable alors que, d’autres fois, la divulgation d’informations personnelles par l’intervenant.e est initiée par la personne aidée (Henretty et Levitt, 2010).<br /><br />Plus de 90% des praticien.ne.s ont recours à l’autodivulgation sous différentes formes (Henretty et Levitt, 2010). Les recherches montrent qu’elle crée un lien de confiance (Audet et Everall, 2018; Le Scelleur et Garneau, 2016) notamment en situations d’oppression (Dhillon-Stevens, 2011). Les approches féministes reconnaissent sa pertinence pour normaliser et valider les expériences (Knight, 2012) à l’instar des pratiques anti-oppressives qui l’identifient comme une manière d’intervenir « de personne à personne » plutôt que « de professionnel à client » (Larson, 2008). On reconnaît également qu’elle contribue à l’établissement des normes au sein d’un groupe, la création d’un espace sécuritaire et le renforcement des capacités d’expression (Larocques et collab., 2021; Livingston, 2014). Similairement, les thérapeutes narratifs utilisent le terme « transparence » en référence au dévoilement de soi et à son impact sur les dynamiques de pouvoir ainsi qu’au sein d’un groupe (White, 1995,1997).<br /><br />Sur le plan de la recherche, l’autodivulgation renvoie, entre autres, à la capacité du chercheur.se à être réflexif dans sa démarche de recherche et à divulguer honnêtement sa position en tant que chercheur.se (Thombs et collab., 2017). Comme en intervention, elle est sollicitée pour établir un lien de confiance, aplanir les dynamiques de pouvoir et valider les histoires des participant.e.s afin de faciliter le dialogue (Sale et collab., 2016) et le dévoilement de la personne qui participe à la recherche (Anderson et Henry, 2020; Liamputtong, 2011) tout particulièrement auprès de groupes marginalisés (Hesse-Biber et Leavy, 2005). L’autodivulgation introduit une dynamique de réciprocité où chercheur.se et participant.e.s partagent des aspects de leurs histoires, ce qui contribue à la qualité de la cueillette de données (Dickson-Swift, 2007). <br /><br />Dans cette communication, nous aborderons l’autodivulgation de la chercheuse dans le cadre d’une démarche de recherche sur l’expérience du passage à la vie adulte de jeunes entre 16 et 30 ans au moyen du digital storytelling. De plus en plus reconnue par les recherches en sciences sociales en tant que méthodologie pour travailler avec des populations marginalisées, le digital storytelling est une méthode à travers laquelle chaque personne est appelée à participer à des séances de groupes et à réaliser, individuellement, une courte vidéo de 3 à 5 minutes intégrant du matériel multimédia (narration, image, musiques, etc.) à propos d’une histoire personnelle. Les groupes sont animés par un.e facilitateur.trice qui cherche à susciter l’élaboration d’un récit en instaurant un climat de confiance propice à la réflexion personnelle et de groupe (Lambert, 2013; Gubrium et Turner, 2011) et en amenant les participant.e.s à développer une compréhension de leurs situations à la lumière de contextes sociaux (Guse et collab., 2013).<br /><br />Dans ce contexte, nous explorerons comment l’autodivulgation entre en relation avec l’utilisation d’une méthode de recherche qui met à profit les histoires au moyen du digital storytelling. Spécifiquement, nous proposons une réflexion sur la manière dont l’autodivulgation agit dans la création d’un espace de confiance mutuelle propice au dialogue, et favorisant le développement d’une relation égalitaire entre la chercheuse et les participant.e.s. Nous verrons quelques possibilités que propose l’autodivulgation dans le cadre d’une démarche par digital storytelling pour (1) susciter le partage d’expérience, (2) inviter à la collaboration au sein d’un groupe et (3) intervenir sur les dynamiques entre les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels.
Mots clés :
Méthodologie, Lien social, Co-construction, digital storytelling, autodivulgation,
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