Transition socioécologique et action collective territorialisée : vecteur du renouvellement de l’engagement citoyen?

Année : 2022

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

MORIN Lucie (Canada) – lucie.morin.5@umontreal.ca
BOURQUE Denis (Canada) – denis.bourque@uqo.ca

Résumé :

La transition socioécologique ne pourra être qu’une affaire de gouvernement, de scientifique ou de marché. L’apport de tous les acteurs de la société est essentiel pour innover dans les manières de se déplacer, de produire, de consommer, de se loger, etc. (Waridel, 2019). Cette transformation des modes de vie peut s’appuyer sur des processus de démocratie locale et de solidarité, tels que ceux mis en œuvre par les démarches d’action collective territorialisée (DACT) dont on dénombre près de 300 exemples au Québec. Nous définissons les DACT comme différentes formes d’action collective structurée sur un territoire donné qui, par la mobilisation des populations concernées et des acteurs locaux (institutionnel, communautaire, privé), ciblent des enjeux collectifs reliés aux conditions et à la qualité de vie au moyen d’identification de priorités, de mobilisation de ressources et de mise en place de réponses appropriées. Les acteurs des DACT constatent et soutiennent une demande citoyenne croissante pour une prise collective sur l’aménagement et l’organisation des milieux de vie. Par ailleurs, inspirés par des initiatives développées un peu partout dans le monde, des citoyens (amis, voisins, parents) s’organisent pour agir sur les enjeux environnementaux autour de projets et d’aspirations collectives, souvent avec peu ou pas de lien avec les démarches d’action collective territorialisée (DACT) (Cloutier, 2019). Ces initiatives citoyennes s’articulent autour de questions comme : transports collectifs ou actifs, circuits courts, lutte aux îlots de chaleur, systèmes alimentaires locaux, conversion d’immeubles, économie circulaire, agriculture urbaine, mobilisation contre l’extraction d’énergie fossile, le déboisement, etc. Ces nouvelles formes de mobilisation et d’engagement citoyen ont-elles une portée transformatrice et politique (Montambault, Bherer et Cloutier, 2021)?<br /><br />Les DACT ont pourtant une forte expertise dans l’agir-ensemble principalement en développement social (Bilodeau et al., 2014 ; Lachapelle et Bourque, 2020) qu’elles pourraient mettre au service des enjeux de transition socioécologique. Ce sont des intervenants collectifs, c’est-à-dire des personnes dont les cibles d’interventions sont les groupes, les organisations et les collectivités, qui ont le mandat de soutenir et d’accompagner les DACT. Selon Comeau (2010), les intervenants collectifs peuvent apporter une contribution significative en matière d’actions collectives environnementales étant donné leur expertise pour identifier et intervenir sur les éléments qui viennent interférer dans les solidarités.<br /><br />Cette communication se fonde sur une étude de cas multisites (Stake, 2006) voulant comprendre comment les DACT peuvent être contributives de la transition socioécologique. Ancrée dans 8 territoires au Québec, l’étude s’inspire notamment de la théorie de l’acteur-réseau (Akrich, Callon et Latour, 2006). S'inscrivant dans l’axe 1 du congrès, cette communication amènera les participants à comprendre les liens unissant les concepts de transition socioécologique, développement des collectivités et participation citoyenne à travers des DACT. Les éléments suivants seront abordés plus spécifiquement : le potentiel des approches de transition socioécologique et d’action collective territorialisée quant à la participation citoyenne ; l’apport des intervenants collectifs pour favoriser le croisement des différents savoirs; et la place ainsi que l’influence qu’exercent les citoyens dans la manière de définir et d’agir collectivement sur la transition socioécologique. <br /><br />Cette proposition est soutenue par une équipe de recherche partenariale incluant des chercheurs d'Écoles de travail social de trois universités au Québec (UQO, Université de Montréal et UQAT) et d'organisations à but non lucratif œuvrant en développement social et des collectivités. Nos travaux de recherche ont débuté en 2021 et la communication fera le point sur les résultats préliminaires obtenus.

Mots clés :

Développement durable, Participation, Démarche intersectorielle

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