Les lieux de rencontre enfants – parents : regards croisés Royaume – Uni – France.
Année : 2022
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
BACCOU lise (France) – l.baccou@ffer.org
LALART Pierre (France) – pierrelalart@wanadoo.fr
Résumé :
Les Espaces de Rencontres Enfants-Parents existent en France et dans bon nombre de pays sous des appellations différentes (Points rencontre, centres de contact pour enfants, espaces famille, espaces neutres…). Ils permettent, dans l'intérêt de l'enfant, l'exercice du droit de visite, la remise de l'enfant à l'autre parent, ou la rencontre entre l'enfant, ses parents, ses grands-parents ou toute personne titulaire d'un droit de visite et interviennent dans des situations difficiles dans lesquelles le recours, à un lieu tiers avec un accompagnement spécifique est, durant une période transitoire, la seule solution possible : séparations conflictuelles, enfants qui n'ont jamais connu leur parent, adolescents en refus de voir un parent, parents en conflit et éloignés géographiquement, parents traversant des problématiques de santé mentale, alcoolisme, toxicomanie, précarité, parents incarcérés.<br />Lors d’échanges européens et à la suite du colloque de 2019 à Bruxelles organisé pour le 30ème anniversaire de la CIDE par les fédérations belge, française et espagnole sous le titre « Avoir des relations avec ses parents est un droit » la FFER s’est rapprochée de NACCC , fédération qui représente les Centres de Contact pour enfants du Royaume-Uni, équivalents des Espaces de Rencontre Enfants Parents Français. <br />Rapidement notre intérêt pour l’échange s’est manifesté et l’esquisse d’un travail transfrontalier s’est dessinée (les familles, les couples parentaux ne sont-ils pas parfois eux-mêmes transfrontaliers et internationaux ?). <br />Partant de l’idée de le voir comme producteur de commun, sans être prisonniers des histoires et cultures, nous pensons qu’il y a bien plus d’universel que de prismes nationaux. <br />Mais cela demande d’aller plus loin. <br />Alors même que les mutations des sociétés occidentales contemporaines entraînaient des transformations des familles, dans leur constitution et dans les modalités de « faire famille », que nos sociétés étaient marquées par l’augmentation importante des divorces et des séparations, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant réaffirmait dans son préambule que « la famille, unité fondamentale de nos sociétés et milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres et en particulier des enfants, doit recevoir la protection et l’assistance dont elle a besoin pour pouvoir jouer pleinement son rôle dans la communauté » et que l’enfant, quant à lui, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, « doit grandir dans le milieu familial, dans un : climat de bonheur, d’amour et de compréhension ».<br />Alors que dire et faire lorsque la séparation ou le divorce entraine un conflit, voire un haut conflit où la violence peut être présente, pour protéger les enfants, les préserver des conflits conjugaux en leur permettant d’avoir accès à leur histoire ? <br />Si les espaces de rencontre sont là pour accompagner ce droit de l’enfant au maintien du lien à ses deux filiations, ce principe de droit universel s’opérationnalise de façons différentes en fonction des pays et de leurs cultures d’accueil. <br />Nous avons donc fait le choix de mettre la focale sur deux pays : le Royaume-Uni et la France pour :<br />-Étudier comment ces lieux ont été créés et développés ; <br />-Interroger et approfondir, comment à travers des histoires et des cultures politiques, la question du maintien du lien enfants-parents et de la participation des personnes concernées se sont installées et s’incarnent dans les pratiques ;<br />-Déterminer ce qui nous rapproche et ce qui nous différencie. <br />Plusieurs niveaux sont pris en compte : d’une part, une approche globale et donc sociétale, en termes de culture politique et d’histoire sociale, qui structure les modes d’organisation et, d’autre part, une approche thématique : l’évolution des droits de l’enfants à travers le monde qui s’est infusée dans chaque dynamique nationale. <br />Enfin l’approche territoriale et technique : la mise en place de ces dispositifs d’accueil et d’accompagnement au niveau local, leurs questionnements quotidiens et la mise en œuvre in concreto de ces questionnements philosophiques et politiques à dimension internationale. <br />L’objectif de ce travail commun est de mettre en perspective nos deux approches, d’ouvrir ce champ d’étude et de viser à une plus-value réciproque pour faire vivre le droit des enfants et l’évolution des pratiques de participation des enfants et des parents.<br />A partir d’échanges réguliers et d’interviews installés durant 2 ans ces deux visions donneront naissance à un article autorisant, in fine, de repérer le commun et le différent, mais également les ponts et les liens qu’il y a à faire. Il permettra surtout de voir qu’au-delà des emprises nationales, des inspirations d’ailleurs peuvent peut-être permettre de mieux considérer enfants et familles dans nos dispositifs. <br /><br />
Mots clés :
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