Du « bricolage » au « sur-mesure », comment l’usager-citoyen a fait bouger les lignes du travail social

Année : 2022

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

BIOUL Pierre (Belgique) – pbioul@voo.be
SYLIN Michel (Belgique) – msylin@ulb.ac.be

Résumé :

Une définition très usitée de la compétence la propose comme la capacité de combiner différentes ressources pour agir avec performance dans un contexte donné (Le Boterf, 1994). Dans cette perspective, si être professionnel c’est la capacité à démontrer ses compétences, la professionnalisation est un processus qui ne se réduit pas à la formation. La formation donne des ressources (des savoirs, des pratiques de référence, des grilles de lecture des situations…), entraîne la personne à les combiner (simulations, études de cas…), donne le droit à l’erreur et le temps de la réflexivité. Au-delà des temps de formation, la professionnalisation suppose d’aller jusqu’à la production de la compétence in situ, et d’accompagner les itérations formation / pratique professionnelle. Car seule la situation réelle produit l’alchimie de la compétence.<br /><br />Concernant les travailleurs sociaux, c’est dans ce parcours professionnalisant qu’émerge de nouveau savoir-faire, ou de nouvelles compétences étroitement liées à cette formation « sur le tas » qui est la rencontre avec l’usager-citoyen.<br />Suivant R. Wittorski (2018), les trois temps de la professionnalisation sont le travail (1), la réflexion du sujet sur son activité (2), la formation (nous ajoutons « sur le tas ») (3).<br /><br />La recherche présentée a pour objet l'attrition des travailleurs sociaux les amenant (parfois) à envisager de quitter leur métier. <br /><br />Une analyse du discours de travailleurs sociaux permet de mettre en lumière la tension qui existe entre le travail prescrit et le travail réel. Cette opposition peut aussi se traduire par processus vs réalité.<br />Les verbatims recueillis auprès des travailleurs sociaux met en lumière l’écart entre ces deux « réalités » ne permettant pas de réaliser un travail de qualité et conforme aux attentes des deux parties. Pour résoudre ce qu’ils qualifient d’injonction paradoxale, les travailleurs sociaux se voient contraint de « bricoler le travail social ».<br /><br />Les usagers-citoyen ont-ils un impact sur cette mutation du travail social ?<br />Nous postulons ici que oui. Parfois victimes de cette mutation du travail social qui ne leur apporte plus une aide inconditionnelle mais conditionnée à un parcours d’intégration, un PIIS, … les usagers-citoyen – dans leurs relations privilégiées avec les travailleurs sociaux – sont également acteurs de cette mutation.<br /><br />En effet, c’est de la rencontre entre leurs demandes et la volonté des travailleurs sociaux de donner du sens à leurs actions que nous assistons à une co-construction du travail social.<br />L’usager citoyen est ainsi perçu comme un élément crucial du processus de modification, d’adaptation du travail social. Ne parle-t-on pas (parfois) de remettre l’usager au centre des préoccupations ?<br /><br />

Mots clés :

Quête du sens, Professionnalisation, Bricoler le social

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