Les innovations sociales au prisme du travail soutenable

Année : 2022

Thème : /

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

LALOY David (Belgique) – davidlaloy@hotmail.com
LACOURT Isabelle (Belgique) – ilacourt2@gmail.com
COUTEAU valérie (Belgique) – couteauv@helha.be

Résumé :

Les dispositifs d’intervention sociale qui questionnent le rapport à l’usager et tendent à lui reconnaître une expertise peuvent être considérés comme faisant partie du champ des innovations sociales (IS), dans la mesure où ils mettent « en œuvre de nouveaux arrangements sociaux, de nouvelles façons de faire, de nouveaux liens sociaux » (Klein & Harrisson, 2007 : 5, cité par Bourguignon & Degavre, 2016 : 16). Ces dispositifs visent à instaurer une autre relation avec les usagers, dans un contexte d’intervention souvent caractérisé par l’urgence, l’incertitude et la précarité de la mise en œuvre d’une réponse à un besoin non-couvert ou insuffisamment. Pour atteindre cet objectif, ces IS reposent en grande partie sur « l’investissement immatériel des personnes motivées par le projet et qui décident de consacrer du temps et de l’énergie à son développement » (Bourguignon & Degavre, 2016 : 35). Or, ces pratiques alternatives impliquent, de la part des personnes investies, un engagement et une posture particulières qui, si on n’y prend garde, peuvent les « presser comme un citron » (Bensliman et al., 2021). <br />Notre communication vise à étudier cet investissement à travers le prisme du concept de « travail soutenable », condition incontournable de la pérennisation des IS. Le « travail soutenable » se définit par un système capable de « reproduire et développer toutes les ressources et composantes qu’il utilise » (Docherty, Forlsin & Shani, 2002, cités par Barisi, 2011 : 67), et donc évidemment les ressources humaines. Le travail soutenable se différencie d’une approche par le bien-être ou d’une approche par la qualité du travail dans l’« ici et maintenant », par le fait qu’il donne une place importante au parcours de vie des individus. L’angle d’attaque proposé ici est d’analyser de quelle manière l’engagement dans une IS s’inscrit dans le parcours professionnel, et contribue à la professionnalisation des personnes investies. <br />Nous développerons ces enjeux à partir de 8 études de cas d’IS, comprenant chacune des entretiens et des observations. Les IS ont été sélectionnées à partir de la description de leurs propriétés qui font qu’elles se présentent comme des « prototypes », des « idéaux-types » de ce qu’on souhaite étudier (Hamel, 2000), à savoir la mise en œuvre d’une IS à travers le prisme de la soutenabilité. Ces cas ont été choisis car, selon nos informations, et en toute hypothèse, « elles se révèlent (…) l’observatoire par l’intermédiaire duquel cet objet d’étude peut être ciblé » (Hamel, 2000 : 8). Notre recherche se focalise sur les IS qui articulent 3 caractéristiques : elles questionnent les pratiques de travail social et le rapport à l’usager, elles visent à répondre aux besoins des publics dits « incasables », dont le profil ne relève d’aucun service existant, elles reposent sur la collaboration intersectorielle. Ces dispositifs impliquent d’« aller vers », d’intervenir « dans le milieu de vie des usagers », de se rendre « disponible dans les temps de vie des usagers », et donc préférentiellement « hors les murs ». Nos choix se sont également portés sur des dispositifs qui mobilisent les usagers, qu’on les qualifie de bénévoles, d’experts du vécu, de pair-aidants, etc… et qui les invitent à intervenir, à accompagner, à contribuer à la mise en œuvre du dispositif.<br />

Mots clés :

Action alternative, Co-construction, Participation, Innovations

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