LES USAGERS DE STALINGRAD QUE DISENT'ILS ?

Année : 2022

Thème : Les besoins et propositions des usagers de drogue d'une scène de deal et consommation parisienne

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

GOMBEROFF leon (France) – l.gomberoff@aurore.asso.fr

Résumé :

Introduction : Depuis les années 90, le quartier de Stalingrad, situé au sud du 19ème arrondissement, représente un lieu reconnu de la consommation de crack en France. Le but de ce travail est de recueillir la parole des usagers consommant du crack en rue dans les 18ème et 19ème arrondissement de Paris. Notre objectif est de connaître leurs besoins et de les laisser proposer des solutions adaptées.<br />Méthode : Nous avons choisi d’utiliser les entretiens semi-directifs sous couvert de l’anonymat pour le recueil de données. Ils ont été administrés par un binôme constitué d’un professionnel ou bénévole et d’un usager ou travailleur pair. Les entretiens ont été menés sur les sites d’accueil du CAARUD EGO, le jardin d’Eole et la Rotonde de Stalingrad. Nos critères d’inclusions étaient une consommation de crack régulière en rue et principalement dans les territoires en tension concernant cette problématique.<br />Résultats : Ce travail d'enquête est le fruit d’une réflexion collective réalisée de novembre 2020 à juin 2021 durant laquelle 19 entretiens ont été administrés. Il aborde le quotidien des personnes qui consomment du crack dans le Nord-Est parisien, leurs difficultés, leurs besoins et leurs propositions pour l’amélioration de leurs situations. Les résultats montrent que les usagers de drogues ont besoin d’ouverture d’espaces de consommation de crack, encadré par des professionnels du médico-social et de la santé avec des horaires adaptées, un espace de repos et un accès à l’hygiène. Ils verbalisent également l’importance de rencontrer des équipes en rue et de pouvoir accéder à un logement stable.<br />Discussion : Cette enquête a permis de redonner la parole aux usagers et de mettre en lumière leurs besoins. L’accès aux lieux de consommation a pu être facilité par la présence d’usagers et de travailleurs pairs dans la méthodologie il faut cependant souligner deux difficultés majeures : la barrière de la langue et la crainte des usagers d’être « pisté ». Si les résultats de cette enquête proposent de réels réponses à apporter, il reste un travail à accomplir du point de vue de la possibilité de réalisation.<br />

Mots clés :

Secteur socio-éducatif, Santé, Lien social, drogues

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