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La prise en compte des personnes dans la formation assistant social

Année : 2022

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

BOUCHAT Damien (Belgique) – damien.bouchat@henallux.be

Résumé :

Cette proposition de communication se situe dans l’axe 1 « Favoriser le dialogue dans les pratiques d’intervention sociale, de formation et de recherche ».<br />En tant qu’enseignant et coordinateur pédagogique de la formation assistant.e social.e à l’HENALLUX, mon propos portera sur l’orientation donnée à la formation depuis cinq ans en vue notamment de questionner la place accordée aux usagers dans le travail social.<br />Cette réorientation trouve son origine dans des rencontres avec des professionnels de terrain, des jeunes diplômés, des chercheurs, … Elle se fonde sur une lecture critique du modèle dominant de nos sociétés qui se reflète dans le champ de l’action sociale et qui a tendance à assimiler les crises sociales à des crises individuelles en renonçant ainsi à agir sur les causes macrosociales. La domination de ce modèle peut aussi s’observer au travers des logiques de gestion (de Gaulejac, 2005) inspirées du monde marchand et qui ont envahi les sphères dont le but n’est pas un but de profit.<br />Les usagers se voient ainsi reprocher l’entière responsabilité de ce qui leur arrive et sont contraints de rentrer dans une logique contractuelle assortie de sanctions.<br />Pour les travailleurs sociaux, il en ressort parfois une perte de sens, un sentiment d’instrumentalisation et d’impuissance, des tensions identitaires, de la déviance pour faire mieux autrement.<br />Au cœur de ce questionnement, il y a la place de chacun.e, pris en tant que personne dans sa globalité, non seulement au travers de ses déficits, mais surtout de ses ressources, en prise avec des réalités sociales complexes et multifactorielles, appartenant à des groupes et communautés, …<br />Sur base de ces analyses, nous avons voulu faire apparaître plus clairement notre corpus idéologique et méthodologique. Au modèle dominant, qualifié de libéral, nous avons voulu opposer un autre, appelé modèle solidaire, fondé sur le care (Tronto, 2009). Chacun étant donneur et receveur de care.<br />Il se caractérise donc par la notion d’interdépendance qui découle de la commune vulnérabilité inhérente à la condition humaine. La vulnérabilité qui, selon Marc-Henry Soulet (2014), est de nature relationnelle et revêt une dimension structurelle.<br />Il s’agit davantage de faire alliance entre personnes, dont certaines, entre autres caractéristiques, sont des professionnel(le)s du travail social et d’autres, entre autres, vivent une période de fragilité. Nous préférons ce vocable à celui, plus étriqué et plus unilatéral, d’intervention sociale de la part d’assistants sociaux à l’égard d’usagers. Nous nous situons dans le registre de la prise en compte -de l’autre en tant que sujet de droits - plutôt que de la prise en charge.<br />Cette alliance passe par des pratiques (Roman, 2016) telles que l’accompagnement, la participation et la promotion des droits, à la fois individuelles et collectives. Ces trois pratiques de travail social sont reprises comme socle de base durant tout le cursus.<br />D’un point de vue méthodologique, nous avons choisi de débuter la formation par l’analyse d’un territoire qui se fait en petits groupes. Ceux-ci s’immergent sur un territoire au choix dans l’idée d’approcher la complexité des réalités sociales et plus particulièrement des situations de vie en les reliant aux caractéristiques spatiales, sociales, temporelles, symboliques des lieux où elles s’observent. Une des plus-values est de répertorier l’ensemble des ressources, à différents niveaux, sur lesquelles il est possible de s’appuyer en vue d’élaborer ensemble un plan d’action à mettre en œuvre et à évaluer, que ce soit dans le cadre d’un travail social individuel, de groupe ou communautaire que nous tentons d’articuler.<br />Ces quatre étapes du processus en travail social, soit la problématisation, l’élaboration, l’action, et l’évaluation, nous les travaillons avec les étudiant.e.s en insistant sur le « nous », l’idée étant que ces étapes ne peuvent être menées que conjointement et pas de la part de l’intervenant pour l’usager.

Mots clés :


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