La contribution des citoyens dans quatre réseaux d’action collective au Canada agissant de manière concertée dans un contexte de transformations institutionnelles et de crise sociosanitaire : désir ou réalité?
Année : 2022
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
MORIN Lucie (Canada) – lucie.morin.5@umontreal.ca
PARENT ANDRÉ-ANNE (Canada) – andre-anne.parent@umontreal.ca
Résumé :
Depuis 20 ans, on observe des changements législatifs et administratifs visant les acteurs de la santé, des services sociaux, des affaires municipales et du secteur scolaire en raison de contextes économiques et politiques très volatils. En plus de modifier les rôles et les responsabilités de ces acteurs, ces changements ont eu des répercussions sur les instances plus ou moins formelles de collaboration réunissant des organisations des secteurs public et privé ainsi que du tiers secteur (Keast et Mandell, 2014), que nous désignons comme des réseaux d’action collective (RAC). Ces derniers interviennent sur des problèmes sociaux pour lesquelles une action intersectorielle est requise (jeunes en difficulté, manque de logements sociaux, itinérance, développement des communautés dévitalisées, etc.). La collaboration intersectorielle permet de créer un " avantage collaboratif ", ou une synergie, conduisant à de nouvelles réponses à des besoins complexes pour lesquels l'État a un pouvoir d’action limité (Alberio et al, 2021; Kettl, 2015 ; Thomson et Perry, 2006). Une étude exploratoire montre que l'action intersectorielle tend à se poursuivre pendant la pandémie de la covid-19, sous différentes formes, même si la capacité de certains RAC est altérée, souvent causée par le manque de temps et de ressources que les acteurs peuvent y investir (OVSS, 2020). <br /><br />Le développement de pratiques innovantes en matière d’actions intersectorielles dans le but de répondre aux besoins de la population repose sur le croisement d’une diversité de savoirs. Les savoirs professionnels et académiques sont souvent mobilisés. Mais qu’en est-il du savoir profane des citoyens? En raison de leur constitution, les organismes du secteur associatif sont en contact direct avec la population et plus particulièrement les personnes vulnérables. Est-ce que cette proximité leur permet d’agir à titre de porte-parole des citoyens au sein des RAC ou les citoyens peuvent directement y faire entendre leur voix? Comment leur savoir est-il pris en compte dans la priorisation des besoins et dans la réalisation des actions ?<br /><br />Cette communication s'appuie sur une recherche pancanadienne qui vise à comprendre comment les transformations institutionnelles et le contexte pandémique ont affecté les RAC et influencé leur capacité à produire des actions innovantes. Cette recherche qualitative est basée sur une étude de cas multi-sites (Stake, 2006) menée dans quatre régions du Canada (Edmonton, Owen Sound, Montréal et Québec) et elle s’inspire notamment de la théorie de l’acteur-réseau pour démontrer comment les RAC se créent, se développent et agissent en contexte d’instabilité (Callon, 1986 ; Latour, 2005). Les résultats préliminaires indiquent que quoique cela puisse allonger le temps nécessaire à la mise en œuvre des projets, ces changements peuvent modifier positivement les rapports entre les acteurs et les actions réalisées par le RAC (ex. intervention de proximité en itinérance opérée par une collaboration intersectorielle qui utilise la technologie). Est-ce que ces changements sont favorables ou pas à la participation des citoyens?<br /><br />En concordance avec l’axe 1 du congrès, cette communication vise à analyser la prise en compte de la voix des citoyens au sein de quatre RAC désirant améliorer les conditions de vie de la population. Les observations réalisées dans le cadre de ce projet de recherche nous permettent de présenter quatre formes d’expression différentes visant à intégrer le savoir des citoyens au sein des RAC et de discuter de la portée de leur voix au sein de ces collectifs. Les organismes sans but lucratif assument souvent le rôle de représentant des citoyens au sein des RAC. Nous discuterons des outils utilisés par ceux-ci pour accomplir cette fonction.
Mots clés :
Action collective, Politique publique, Participation
← Retour à la liste des articles