La paternité dans les migrations forcées: politiques, pratiques et expériences<br />

Année : 2022

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

ELIA Anna (Italie) – anna.elia@unical.it
FEDELE valentina (ITALIE) – valentinafedele16@gmail.com

Résumé :

Dans le système d’accueil des personnes réfugiées, la dimension familiale reste souvent en retrait dans les pratiques de prise en charge, en particulier lorsqu’elle ne se rattache pas aux éléments que les institutions publiques considèrent comme part entière de l’intégration, tels que le travail, la maison et l’inclusion scolaire (Ager et Strang 2008). Tout ceci dépend souvent d’un processus d’accompagnement orienté vers une approche néolibériste au sein de laquelle chacun des membres de la famille est sollicité (Rania, Pinna et Coppola, 2021). Cependant, le lien familial s'avère souvent avoir une influence spécifique sur les processus individuels de changement, impactant le fonctionnement des pratiques de soins et de protection institutionnalisées, ainsi que les systèmes nationaux de protection sociale. En ce qui concerne la déclinaison de la relation entre les familles en migration forcée et les services d'accueil, certaines analyses mettent particulièrement en évidence la question du genre, et une articulation différente de l'expérience de la maternité et de la paternité diasporique sur les expériences d'installation. Concernant plus particulièrement la paternité dans la migration, la littérature se concentre sur l'impact de l'absence physique et émotionnelle des pères quant au bien-être de leurs enfants ; sur leur implication dans les responsabilités directes s’agissant des soins et de l’éducation de leurs enfants durant les processus de réinstallation (Roer-Strier, Strier, Este, Shimoni, Clark 2005). Toutefois, les stratégies d’adaptation parentale possibles amènent les pères à faire des choix qui contribuent à refaçonner et, parfois même, à réinventer plusieurs aspects de leur paternité. La plupart adoptent des comportements qui ne correspondent que partiellement aux normes de leur pays d’origine, sans toutefois se mouler entièrement à celles du pays d’accueil. (Battaglini, Gravel, Poulin, Fournier, Brodeur 2002). A la lumière de cette ligne d'analyse, cet article vise à détecter les forces, les criticités et les défis de la "parentalité" eu égard au système d'aide sociale italien, tenant compte d’une double perspective, celle des réfugiés et celle des travailleurs sociaux. Nos réflexions se basent sur les premiers résultats d’un projet de recherche sur la parentalité dans les contextes de migration forcée. L'objectif de l'enquête était d'étudier l'expérience de la parentalité en migration: le rôle et le rapport avec les représentations du pays d'origine; les pratiques de la parentalité dans le contexte d'accueil, avec un intérêt particulier pour la manière d’interagir avec les services sociaux. Dans ce dernier cas, la représentation de la parentalité et de la parentalité migrante, les expériences et les problèmes qui ont émergé lors de la préparation d'interventions spécifiques ont été pris en compte.

Mots clés :

Equité sociale, Politique sociale, Bonne pratique, mineurs non accompagnés

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