S’immerger pour se transformer et se construire en tant que travailleur social : le développement social comme levier de formation et de dialogue
Année : 2022
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
MARTINAK emilie (France) – emilie.mk7@gmail.com
FONTAINE Diana (France) – diana.fontaine@irtsreunion.fr
Résumé :
AXE 1
Dans le cadre de cette communication, nous souhaitons illustrer notre propos en nous appuyant sur l’action de formation engagée en interdisciplinarité et transversalité auprès de 120 apprenants de première année de formation Grade licence : Educateur Spécialisé, Assistant de service social, Educateur de Jeunes Enfants Grade licence.
Cette action de formation contribue à « rendre visible l’invisible « et donne à voir comment elle contribue à mettre en lumière les « Paroles, expériences et actions des usagers et usagères ».
Notre présentation conjointe avec un apprenant nous permettra d’illustrer comment la formation au développement social favorise la rencontre et le dialogue entre, les citoyens d’un territoire, les usagers, acteurs et apprenants futurs travailleurs sociaux, et participe ainsi à la construction identitaire et professionnelle de ces derniers, grâce notamment à l’articulation entre l'identité biographique et l'identité relationnelle telles que définies par DUBAR.
Nous proposons aux apprenants une démarche intitulée « immersion territoire » qui leur permet dès leur entrée en formation de se confronter au métier de travailleur social par le prisme de la rencontre avec le citoyen-usager sur un territoire donné. Aller vers, rencontrer la population réunionnaise, se mêler à elle, se défaire de ses représentations, recueillir la parole des habitants, s’appuyer sur leurs expériences et expertise, les associer à la réflexion sur des pistes d’action à porter, font partie intégrante de la démarche fondée sur l’expérimentation.
L’espace proposé dans le cadre de la restitution d’un diagnostic social territorial avec les acteurs de terrain donne aux usagers et usagères-citoyens l’opportunité d’un autre espace d’expression directe auprès des acteurs de terrain avec la médiation des apprenants, et contribue à « rendre visible l’invisible ».
Anne personne à mobilité réduite et Julie, sont invitées chez leur amie qui habite au 2ème étage de l’Immeuble d’une commune de l’est de l’île. Arrivées dans le hall, faute d’ascenseur, les deux amies décident finalement d’aller au restaurant. Anne, apprenante fait part des difficultés rencontrées dans ses déplacements à St André lors de la restitution. Elle énonce les constats de son groupe par rapport aux habitants en situation de handicap afin que leurs logements soient aménagés et qu’ils aient un logement plus adapté à leur besoin spécifique. Mme PAYET, habitante du quartier est présente à la restitution. Elle fait part de ses difficultés à 82 ans avec sa maladie de monter les trois étages pour arriver chez elle. Ayant un fils en situation de handicap, elle parle de ses difficultés car sa salle de bains comporte une baignoire et non une douche.
Par sa situation, Anne a réussi à identifier une problématique et favoriser la parole et dialogue avec les citoyens. Elle est apprenante, usagère de l’IRTS, usagère occasionnelle de l’immeuble et de la ville de St André comme Mme PAYET, travailleuse sociale et éducatrice spécialisée en devenir.
La présentation de cette situation nous questionne sur l’expression et la prise en compte des usagers et leurs identités multiples.
On constate donc qu’il n’y a pas une identité mais des identités en jeu qui se croisent, s’entremêlent et qui viennent participer à la construction identitaire et professionnelle des apprenants.
Selon les espaces dans lesquels les apprenants se trouvent, ils sont : usagers et usagères de l’établissement de formation, usagers et usagères occasionnels des territoires concernés, citoyens, travailleurs sociaux en devenir. Puis à l’intérieur de chaque groupe inter filière ils sont, éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants en devenir.
Le module IPP (Identité et posture professionnelle) vient enrichir le travail sur soi fait par l’apprenant, en l’amenant à conscientiser son parcours d’entrée en formation, à se distancier de situations pour favoriser la prise en charge des problèmes sociaux qui les concernent, et ainsi à construire leur identité professionnelle autour d’une éthique forte.
Personne accompagnée, apprenant, citoyen, travailleur social, ces multiples états participent à la construction identitaire et professionnelle des apprenants en formation en travail social.
Cette communication a pour objet de proposer une réponse aux questions suivantes :
En quoi ce profil de travailleur social-citoyen peut amener un changement de posture et rend visible l’invisible. Il permet également de redonner une place centrale aux personnes accompagnées, et ainsi repenser la pratique du travail social ?
Doit-on se dissocier du citoyen que l’on est, avec ses vulnérabilités, ses problématiques sociales, dès lors qu’on entre en formation de travail social ? Ou en faire une force ?
Mots clés :
Développement local, Formation, Participation, Identité
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