Clinique Mauve : Évaluation des formations sur l'intervention auprès des personnes LGBTQI+ migrantes
Année : 2022
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
HAMILA ahmed – ahmed.hamila@umontreal.ca
Résumé :
Bien que plus à risque, les populations migrantes et racisées sont discriminées dans l’accès aux soins (Campbell et coll., 2014 ; Kalich, Heinemann et Ghahari, 2016), créant de fortes inégalités face à la COVID-19. Parmi elles, les personnes LGBTQI+ migrantes et racisées sont particulièrement vulnérables du fait de réalités complexes qui rend leur accès (et continuité) aux soins et aux services sociaux plus ardu.
Les réalités des personnes LGBTQI+ migrantes et racisées sont complexes, du fait notamment des violences qu’elles ont pu subir, aussi bien dans leur pays d’origine qu’au Québec. Souvent elles ont été contraintes de quitter leur pays d’origine en raison de violences hétéronormatives et cisnormatives ou encore en raison de violences politiques, de la dictature, de la guerre ou de désastres environnementaux (Lee, 2019 ; Lee et coll., 2020). Un fois au Québec elles doivent faire face à de nouveaux défis, liés à la régularisation de leur statut migratoire (demandeurs d’asile, personnes sans statut, etc.) ou encore liés à la recherche d’un emploi et d’un hébergement (Lee et Brotman, 2011 ; Lee, 2018). Face à ces défis, les personnes LGBTQI+ migrantes et racisées peuvent vivre plusieurs ruptures, ce qui fragilise davantage des liens sociaux et entraîne de l’isolement social (Lee et Brotman, 2011). En somme, l’accès aux soins des personnes LGBTQI+ migrantes et racisées est rendu plus difficile du fait d’une multitude de barrières structurelles liées à leur statut migratoire (xénophobie), à leur race (racisme), à leur orientation sexuelle (homophobie) et/ou à leur identité de genre (transphobie) (Lee, 2013 ; El-Hage et Lee, 2015).
Il convient de tenir compte de ces barrières structurelles intersectionnelles dans les modèles d’intervention destinés aux personnes LGBTQI+ migrantes et racisées. En 2016 déjà, dans une étude menée par Habib El-Hage et Edward Lee sur les réalités des personnes LGBTQI+ migrantes, il était suggéré que « la mise en œuvre de certains services doit être améliorée, notamment lorsqu’il s’agit de services spécialisés d’accompagnement et d’aide psychosociale » (El-Hage et Lee 2016 : 25). C’est dans cette perspective qu'en septembre 2020 a été lancé le projet "Clinique Mauve", qui vise à mettre en place la première clinique au Québec spécifiquement destinée aux personnes LGBTQI+ migrantes et racisées.
La Clinique Mauve est un projet pilote interdisciplinaire constitué de 3 volets: volet clinique, volet programme de liaison et volet formations. Pour s’assurer que toutes les personnes impliquées dans la mise en œuvre et le fonctionnement de Clinique Mauve et son programme de liaison soient en mesure d’apporter des services adaptés aux besoins personnes LGBTQI+ migrantes et racisées, deux formations ont été préconisées : l’une relative à la trans-diversité et l’autre relative à l’intervention auprès des personnes LGBTQI+ migrantes et raciées.
La communication proposée se concentre sur l'évaluation de ces deux formations. L’évaluation des formations s’inspire du modèle d’enquête « Connaissances, Attitudes et Pratiques » (CAP) (Save the Children, 2012 ; Abdulcadir, Say et Pallitto, 2017). Le CAP est une forme d’« étude quantitative sur une population spécifique visant à collecter des informations sur ce que les personnes savent, comment elles se sentent et se comportent par rapport à un sujet donné » (Save the Children, 2012 : 5). Cette démarche d’évaluation permet d’identifier les connaissances (C), les attitudes (A) et les pratiques déclarées (P) des répondants au sujet de différents thèmes. Ce type d’outil nous apparait particulièrement pertinent pour aborder des thématiques complexes puisqu’il permettra de recenser l’effet des formations non seulement sur l’acquisition et l’intégration d’informations (soit les connaissances) ou d’un savoir-faire (soit les pratiques) mais également en termes d’impacts sur les croyances et représentations (soit les attitudes) des répondants (Essi et Njoya, 2014).
Mots clés :
Santé, Formation, Evaluation, Migrant LGBTQ
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