Les recherches participatives : quelles finalités sociales et politiques ?
Année : 2022
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
PETIAU Anne (France) – anne.petiau@buc-ressources.org
Résumé :
Les recherches collaboratives, où scientifiques et professionnels s’associent, suscitent un intérêt croissant dans le secteur du travail social (Les chercheurs ignorants, 2015). Si une riche littérature francophone existe dorénavant sur ce thème, l’implication des usagers reste quant à elle une question moins explorée. La participation des citoyens aux enquêtes qui les concernent, la reconnaissance de leurs savoirs dans la production de connaissances, manifestent une tension vers des idéaux démocratiques et égalitaires dans l’intervention sociale et la recherche (Gardien et Jaeger, 2017). Mais peut-on, plus précisément, distinguer plusieurs finalités sociales et politiques ?
La volonté d’associer les personnes au-delà du milieu de la recherche prend ses sources dans divers mouvements scientifiques et militants, qui se sont développées dans les années 1960 et 1970, dans les pays du Nord et du Sud. Cette communication propose une présentation analytique des courants de recherche participative en fonction de leurs finalités sociales et politiques. Trois grandes orientations peuvent être distinguées :
-Une première tradition de pensée met en exergue la perspective démocratique. Elle soutient la capacité des citoyens à participer aux débats publics et vise le changement démocratique plutôt que l’action révolutionnaire. Citons, par exemple, la recherche-action d’inspiration pragmatiste (Greenwood et Levin,1998)
-Une seconde tradition est celle des recherches participatives qui visent à soutenir les mouvements sociaux et la conflictualité sociale. L’Intervention sociologique, qui a inspiré de nombreux courants théoriques et militants participatifs, a pour objectif conjoint, selon Alain Touraine, de faire progresser conjointement la connaissance et l’action. Il s’agit d’une méthode développée spécialement pour faire apparaître et analyser les rapports sociaux, et plus particulièrement les mouvements sociaux, et ainsi soutenir et développer leurs capacités d’action historique (Touraine, 1978).
-Une troisième tradition est celle des épistémologies radicales, qui visent l’émancipation des groupes sociaux dominés. Leur point commun est de mobiliser la recherche et la pédagogie des adultes pour soutenir des processus politiques. L’idée qu’il puisse exister une recherche neutre est critiquée. La posture d’extériorité est abandonnée au profit d’un engagement aux côtés des populations qui subissent des situations d’oppression ou d’exploitation. La recherche féministe, notamment, est inspiratrice de ce courant (Harding, 1991). Cette tradition est également inspirée de la pédagogie émancipatrice de Paolo Freire (1983).
Cette communication présenter ainsi ces trois grandes traditions afin de mettre en exergue les différentes finalités sociales et politiques qui peuvent être poursuivies par les recherches participatives : objectifs et méthodes divergent dans ces différentes traditions. Plusieurs exemples permettront d’illustrer ces dernières.
Mots clés :
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