Participation citoyenne des résidents de HLM : contribution des intervenantes sociocommunautaire.
Année : 2022
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
FOISY Dominic (Canada) – dominic.foisy@uqo.ca
Résumé :
Depuis près de deux décennies, l’État québécois reconnaît aux Offices d’habitation, gestionnaires des HLM (habitation à loyer modique), le mandat de « mettre en œuvre toute activité à caractère social et communautaire favorisant le mieux-être de sa clientèle. » (Loi 49, art 57 e). Ces activités visent à renforcer la prise en charge de leur milieu par et pour les résidents, via des projets visant à créer des milieux de vie communautaire, sociale et familiale adaptés aux besoins des personnes qui y demeurent. Cette responsabilité a stimulé l’émergence de pratiques professionnelles regroupées autour des services et pratiques de soutien communautaire.
La pratique des intervenantes sociocommunautaire (ISC) en HLM a pour objectif de favoriser le maintien en logement des résidents. Lors du colloque de l’AIFRIS en 2019 à Beyrouth, nous avons présenté les résultats préliminaires, données quantitatives, d’une recherche partenariale portant sur le rôle et les pratiques de ces intervenantes. Une seconde phase de cueillette de données, données qualitatives, s’est déroulée depuis. Nous avons mené sept groupes de discussion, en 2020, ayant rassemblé plus de 50 intervenantes. Nous proposons une communication, dans l’axe 1, qui permet d’éclairer certains enjeux éthiques qui confrontent les ISC dans leur volonté de soutenir la participation citoyenne des résidents de HLM dans le cadre d’activités visant à améliorer leur condition de vie.
Les milieux de vie comme les HLM sont des lieux de sociabilité permettant de « retrouver des normes de conduite, des positions et des rôles sociaux qui seront reconnus là où la dissolution partielle et progressive des cadres traditionnels et informels de la sociabilité (famille, voisinage, etc.) les fait disparaître. » (Barthelémy, 2000; 68). L’intervention à l’échelle « locale » stimule l’insertion et la participation puisque les relations sociales sont favorisées par la proximité spatiale (Giddens, 1998) et sont un terreau fertile pour l’émergence de nouvelles formes d’engagement (Nootens, 2004; Breux, 2008).
Le mandat de maintien en logement des résidents des ISC amène ces dernières à réaliser une multitude d’interventions d’accompagnement visant notamment à soutenir le mieux vivre ensemble. Cet accompagnement peut prendre différente forme à différente échelle, intervention individuelle, groupe et collective, sur un continuum menant à une participation citoyenne significative (Foisy, 2013) ou une appropriation de pouvoir (Foisy et coll. 2017) des citoyens vivant en logement social, notamment.
Les ISC, à titre d’exemple, favorisent certaines pratiquent citoyenne en HLM par le soutien qu’ils offrent aux divers mécanismes de participation institutionnalisée telle que les associations de locataires. Elles stimulent la participation citoyenne en soutenant le développement des compétences démocratiques des résidents (Milligan and Fyfe, 2005; Bacqué, Rey et Sintoner, 2005; Schneider, 2008). Ce mandat d’intervention de la part des ISC engendre toutefois son lot de défis. En termes éthiques, les ISC sont confrontées à un enjeu de loyauté (ou de double allégeance) lorsqu’elles appuient des démarches entreprises par les résidents. À qui sont-elles redevables, à leur employeur ou aux résidents ? Notre communication vise à présenter la contribution des ISC à la participation citoyenne des résidents d’HLM ainsi qu’à discuter des enjeux éthiques qui traversent leur pratique.
Mots clés :
Participation, Intervention sociale et travail social
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