« Pour une fois qu’on nous demande notre avis… »

Année : 2022

Thème : Sur les obligations légales, le travail social et la voix des personnes concernées

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

CALDARINI carlo (Belgique) – carlo.caldarini@cpas-schaerbeek.brussels

Résumé :

Cette communication fait état d’une expérience de prise en compte de la parole des personnes concernées, menée au sein du CPAS de Schaerbeek : un des plus grands Centres publics d’action sociale, intervenant sur une population et un territoire parmi les plus pauvres et les plus cosmopolites de toute la Belgique.
La problématique en question est celle du projet individualisé d’intégration sociale (PIIS), et la méthode adoptée est celle des groupes focus.
Le principe du PIIS est introduit pour la première fois en Belgique en 1993 par la loi dite Minimex (minimum de moyens d’existence). Ainsi, le maintien du droit à l’aide sociale financière garantie accordée par les CPAS peut être assorti de la conclusion d’un contrat, dont l’acceptation et le suivi peut constituer la preuve que la personne remplit toujours la condition de disposition au travail. Ce contrat, qui n’est initialement obligatoire que pour les bénéficiaires de moins de 25 ans, est généralisé à toutes les catégories d’utilisateurs depuis novembre 2016, avec la possibilité de sanctions lorsque la personne concernée ne respecte pas les engagements souscrits.
Des chercheurs et travailleurs sociaux n’hésitent pas à souligner le caractère contradictoire et déséquilibré d’un contrat dont la signature serait obligatoire et où seul l’un des signataires a le pouvoir de sanctionner l’autre. La forme et la langue posent notamment problème, spécialement pour les publics allophones et ceux à capacité réduite. Pour beaucoup de personnes concernées, un PIIS peut être difficile à comprendre dans sa forme écrite, et cela demande beaucoup d’interaction et de travail social à l’oral.
Dans la pratique, cette généralisation du PIIS a lieu à partir du deuxième semestre 2017. Un an plus tard, un processus d’évaluation est mis en place à Schaerbeek, basé à la fois sur des données dites objectives et quantitatives, et sur la parole d’un panel de personnes directement concernées, grâce à la technique des groupes focus.
Il serait exagéré de dire que les résultats de ces focus groups ont effacé toute contradiction découlant de l’application pratique du PIIS. La première conclusion que nous tirons de ce travail est que donner la parole à des personnes directement concernées peut facilement donner lieu à des résultats inattendus, et être ainsi une source de surprises. Nous avons été confrontés au fait que ce qui est évident pour nous ne l’est pas forcément pour l’autre.
C’est aussi pour cette raison que deux ans plus tard, nous menons un autre projet basé sur la parole des personnes concernées, en utilisant cette fois une nouvelle méthode, celle de l’analyse en groupe (MAG), que nous expérimentons à la fois avec des travailleurs sociaux et des jeunes bénéficiaires, et ce, sous les conseils, entre autres, de la faculté de sociologie de l’Université Saint-Louis à Bruxelles.

Mots clés :

Participation, Groupe, Méthodologie

← Retour à la liste des articles