Perspectives post-pandémiques : <br />Démocratiser l’appropriation des actes d’intervention sociale par la parole citoyenne, usagère et des intervenantes sociales. <br />

Année : 2022

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

CAILLOUETTE Jacques (Canada) – Jacques.Caillouette@USherbrooke.ca
GRENIER Josée (Canada) – josee.grenier@uqo.ca
MALTAIS Danielle (Canada) – danielle_maltais@uqac.ca

Résumé :

En juin 2020, lors de la première vague de la pandémie de COVID-19, le groupe de chercheures au sein de l’axe politiques et pratiques sociales du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), s’est donné comme objectif de documenter la transformation des pratiques d’intervention sociale en milieu communautaire et institutionnel au Québec sous l’impact de la pandémie de la COVID-19. L’enquête, reposant sur l’étude de divers cas, visait notamment à : documenter les difficultés et les contraintes rencontrées dans la prestation des services aux personnes usagères ou aux membres ; identifier les impacts de la pandémie sur la santé des intervenantes, sur leurs pratiques et sur leurs conditions de travail ; et documenter les impacts de la pandémie sur les membres et les bénéficiaires. Ce travail d’enquête a permis de produire un ouvrage collectif maintenant chez l’éditeur et dont la publication est prévue pour l’automne prochain.

Un constat de ces études de cas c’est que des populations sont beaucoup plus touchées que d’autres par les conséquences de cette crise sociale, politique et économique générée par la catastrophe pandémique.
Toutefois dans cette communication, en accord avec le thème du congrès de l’AIFRIS, c’est l’enjeu de la démocratisation de l’appropriation des actes d’intervention sociale que nous voulons apporter comme condition essentielle pour se préparer à affronter éventuellement une autre catastrophe sanitaire, sociale et environnementale comme celle de la pandémie ou d’une autre nature. À l’intérieur des établissements de santé et de services sociaux du Québec, il importe d’introduire non seulement une parole citoyenne et usagère, mais également celle des intervenantes sociales près du terrain pour définir les manières d’intervenir avec la population afin de donner des services de qualité et prévenir les problèmes sociaux, notamment avec certains groupes en situation de vulnérabilté. Nos différentes études de cas montrent comment les dernières réformes sociosanitaires au Québec ont fait que la définition de l’intervention sociale se réalise de plus en plus, à travers des systèmes hiérarchiques de gestion, s’éloignant de la parole des personnes citoyennes, usagères et des intervenantes travaillant avec celles-ci.

En fait, la thèse sur laquelle nous voudrions échanger est que les organismes communautaires au Québec, notamment dans leur mouvance d’action communautaire autonome, se pose comme un mouvement d’action politique et de transformation sociale. Au-delà de la production de services avec, par et pour ses membres, ce milieu se veut un espace associatif et démocratique d’échange, de réflexion et de mobilisation. Certes l’action communautaire autonome répond aux besoins imminents des membres des organismes, mais avec la volonté d’aller à la racine des problèmes sociaux selon un regard d’ensemble sur la société québécoise.
Il importe que cette lecture citoyenne et démocratique des problèmes sociaux, incorporant notamment la parole de celles et ceux aux prises avec ces problèmes et inégalités, soit investie non seulement par le milieu communautaire, mais également par le réseau public. Là aussi ce réseau doit construire une réelle éthique d’émancipation démocratique et de prise en compte des inégalités de pouvoir et d’accès aux ressources dans notre société; et ce en tenant compte de la réalité et des besoins des populations ou groupes sociaux laissés pour compte.

Mots clés :

Acteurs, Bénéficiaire, Catastrophe naturelle, Appropriation de l'intervention

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