Comprendre et mesurer la très grande pauvreté avec ATD Quart-Monde, le Secours Catholique et l'INSEE
Année : 2022
Thème : Comment créer les conditions d'un dialogue constructif entre les personnes en situation de pauvreté et l'Insee
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
LIMOUSIN EMMANUELLE (France) – emmanuelle.limousin@secours-catholique.org
GUERAULT Jean-Yves – not
Résumé :
Eléments de contexte :
Entre 2017 et 2019 ATD Quart Monde (ATD QM) pilote avec l’université d’Oxford une recherche internationale sur les dimensions de la pauvreté , travail mené en croisement des savoirs dans 6 pays, dont la France, où le Secours Catholique (SCCF) était partenaire pour ce pays.
Fin 2020 l’Institut National de la Statistique et des études économiques (Insee) sollicite ATD QM pour faire des propositions d’évolution de son enquête annuelle SRCV (Statistiques sur les Ressources et les Conditions de Vie) : « nous rencontrons des difficultés à mesurer la très grande pauvreté, pouvons-nous y réfléchir ensemble ? »
Une proposition de démarche
ATD QM propose un partenariat au SCCF pour répondre à cette demande de l’Insee. Le co-pilotage est partagé entre un volontaire permanent et un allié pour ATD QM, une statisticienne et une chargée d’animation « développement du pouvoir d’agir » pour le SCCF.
L’ensemble de la démarche s’effectue en représentation équivalente pour ATD QM et le SCCF.
Il s’agit pour l’Insee d’une expérimentation innovante : nos interlocuteurs, en charge de la mesure de la pauvreté, montrent une réelle envie de travailler avec nous, en se confrontant à des modalités pédagogiques et formatives qui ne sont pas usuelles dans l’institution.
Les grandes orientations que le copil souhaite prendre :
-travailler en démarche participative avec des personnes en situation de précarité ;
-s’appuyer sur la recherche sur les dimensions de la pauvreté en travaillant sur les interactions entre dimensions ;
-se donner du temps pour bien travailler : 6 mois de travail au niveau local en groupes de pairs avec des regroupements en plénière, avant de restituer lors d’une journée d’échange avec l’Insee.
Il s’agit de créer les conditions pour que le savoir issu de l’expérience de vie des personnes qui connaissent la pauvreté puisse dialoguer avec les savoirs scientifiques et professionnels ; qu’à l’issue de ce programme les personnes qui connaissent la pauvreté puissent prendre place et parole auprès des représentant.es de l’institution emblématique nationale qu’est l’Insee,
La méthodologie
Le copil s’appuie sur des dynamiques respectives à nos 2 organisations et complémentaires dans la mise en œuvre : l’approche centrée sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectifs d’une part et le croisement des savoirs de l’autre.
Ceci afin de produire une connaissance et des méthodes d’actions plus complètes et inclusives.
Les modalités
Il s’agit de réunir une vingtaine de personnes en situation de précarité et/ ou de pauvreté au niveau national. Ce groupe national est composé d’équipes locales de 2 à 4 personnes en situation de précarité, qui apportent leur expertise expérientielle et produisent une analyse sur la grande pauvreté.
Chaque équipe locale est accompagnée par une personne référente ou un binôme de personnes référentes (animateur.trice, bénévole, allié.e). Elle facilite la réflexion et l’expression de tou.tes en permettant à chacun.e de prendre sa juste place.
Le travail se décompose en 3 regroupements nationaux avec l’ensemble des acteur.trices concerné.es pour « faire groupe » et des temps de travaux en « équipes locales ».
La phase 1 vise à permettre aux participant.es de s’approprier les résultats de la recherche sur les dimensions de la pauvreté, en s’appuyant sur leur expérience de vie . Il s’agit de conscientiser à partir des vécus du groupe pour construire un savoir collectif.
Cette phase d’appropriation est nécessaire pour créer une culture commune et un savoir partagé avant d’entrer dans un dialogue constructif et étayé avec les représentant.es de l’Insee.
La phase 2, co-construite avec ces dernier.ères, vise à préciser « quelles questions pouvons-nous travailler avec les personnes de l’Insee ? » pour que l’apport du vécu vienne enrichir leur travail.
Mots clés :
Action collective, Savoirs, Institution, Expertise expérientielle
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