Formation au travail social et crise écologique : entre engagement et professionnalisation
Année : 2023
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
DRUANT cécile (FRANCE) – cdruant@irtshdf.fr – Enseignant ou formateur
BEAUCAMP julie (FRANCE) – juliebeaucamp59@gmail.com
GALLIOT donatienne (FRANCE) – dgalliot@irtshdf.fr
Résumé :
Cette proposition de communication, sous forme de retour d’expériences et de mise en savoirs, a pour objet de situer la pertinence et l’enjeu de notre démarche de formation, mais aussi ses modalités de mise en œuvre auprès des étudiants de formations d’éducateurs spécialisés et d’assistants de service social.
Le travail social, au regard de sa présence en tant qu’observateur privilégié des questions sociales, est aux premières lignes des conséquences du dérèglement climatique, en particulier sur les populations les plus vulnérables et leurs territoires, entraînant des phénomènes de précarité alimentaire, de précarité énergétique, de tensions et de violences sociales, de troubles de la santé mentale, etc.
Le constat de la crise écologique majeure que nous traversons, d’abord de son existence, ensuite de son ampleur, est nécessaire. Et les chiffres sont terrifiants. Les effondrements se multiplient, les boucles de rétroaction s’enchaînent. L’emballement climatique est lancé et tant que perdureront les perturbations, ce cycle se perpétuera. Chaque citoyen est concerné, parmi lesquels les travailleurs sociaux.
De fait, cette nouvelle question sociale cristallise les préoccupations citoyennes de formateurs en travail social, d’apprenants, de personnes concernées et de travailleurs sociaux, qui construisent et mettent en œuvre des dynamiques sur leurs terrains professionnels respectifs. Ces engagements citoyens impactent la sphère professionnelle et nourrissent leurs actions de terrain.
Au regard de ces enjeux planétaires, notre question centrale a été la suivante : comment la formation initiale en travail social s’empare-t-elle de cette nouvelle question sociale et de son incidence sur les populations et leur territoire de vie ?
A partir de ce questionnement, le plus complexe est, au final, de professionnaliser une question très engageante citoyennement parlant. Comment faire de la transition sociale et écologique un objet de formation transversal et non une préoccupation de quelques individus dans une institution ? Et comment parler d’effondrement sans effondrer ? Qu’avons-nous à garantir pour que les sentiments qui s'expriment ou s’éveillent autour des constats du dérèglement climatique et de ses conséquences se transforment en force pour libérer le pouvoir d’agir des étudiants en tant que futurs travailleurs sociaux ?
Trois principes ont été retenus pour construire notre processus formatif : sensibiliser, comprendre et agir. En effet, dans un premier temps il est essentiel de s’approprier un récit commun des causes et conséquences du dérèglement climatique, le second temps consiste à apporter les éléments scientifiques soutenus par 30 ans de travaux sur ce sujet et mis en lien avec les thématiques de formation des travailleurs sociaux pour enrichir la conceptualisation et enfin, soutenir le passage à l’action, pour engager les chemins de la transition, par l’expérimentation, la mise en œuvre d’actions collectives et la découverte d’iniatives menées sur les territoires.
Partant du postulat que la transition sociale et écologique vise une transformation de la société par l’articulation des enjeux sociaux (lien social, lutte contre la précarité, etc.), écologiques (changement climatique, biodiversité, etc.) et démocratiques (en créant les conditions de la véritable participation), cette perspective ouvre alors pour le travail social des marges d’actions professionnelles pour impulser et créer dans un contexte contraint, des modèles résilients face aux effets du dérèglement climatique. Cette perspective constitue de notre point de vue un enjeu pour la professionnalisation des travailleurs sociaux.
Mots clés :
Crise climatique; Engagement; Professionnalisation
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