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Faire cohabiter des pratiques et savoirs pluriels pour soutenir le bien-être des jeunes au Nunavik : Réflexions autour de la communauté de pratique en santé mentale jeunesse Atautsikut.

Année : 2023

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

GAULIN dominique (Canada) – dominique.gaulin@umontreal.ca – Etudiant
JOHNSON-LAFLEUR janique (CANADA) – janique.johnsonlafleur.dlm@ssss.gouv.qc.ca
NADEAU lucie (CANADA) – lucie.nadeau@mcgill.ca

Résumé :

Les enjeux de santé mentale et de bien-être chez leurs jeunes représentent une préoccupation majeure pour les Nunavimmiut (Résidants du Nunavik, Québec). En raison des traumas, des deuils et des inégalités sociales auxquels ils font face, induits entre autres par la colonisation, leur santé mentale est régulièrement mise à rude épreuve (ITK, 2016, Kirmayer et coll., 2016; Oliver et coll., 2012). Les nombreux suicides sévissant chez ces derniers ont d’ailleurs mené les autorités inuit à qualifier la situation de « crise de santé publique » (ITK, 2016; 2019). En outre, la mise en place et la prestation de soins de santé mentale au Nunavik comportent de nombreux défis. D’une part, il y a des enjeux liés aux différences de conceptualisation de la santé mentale, du rétablissement et des services nécessaires entre les Nunavimmiut et les intervenants provenant de l’extérieur des communautés. D’autre part, des obstacles surgissent en matière de formation, de communication, de collaboration et de structure (Fraser et Nadeau 2015; Rapport de consultation de Parnasimautik 2014).

C’est face à cette crise et à ces défis qu’en 2018, un projet de recherche participatif visant à implanter une communauté de pratique (CoP) en bien-être et santé mentale jeunesse a été mis en place au Nunavik sous l’appellation Atautsikut (« être ensemble » en inuktitut). Il s’adresse aux intervenants de première ligne inuit et non-inuit afin de les soutenir dans leur travail auprès des jeunes, tout en les formant et en visant une amélioration des collaborations interprofessionnelles. Alliant des méthodes basées sur les mots et sur l’art, cette CoP tente aussi de décoloniser les savoirs et les pratiques, en faisant coexister des manières plurielles de conceptualiser la santé mentale et le bien-être. En permettant la mise en commun de diverses épistémologies et ontologies, Atautsikut souhaite permettre l’émergence de pratiques novatrices dans le domaine de la santé mentale, alors que les pratiques actuelles, issues des paradigmes dominants, ne peuvent répondre à elles seules aux besoins en santé mentale des Nunavimmiut (Gaulin, 2021). La pandémie de COVID-19 a compliqué l’implantation d’Atautsikut, mais a aussi permis l’émergence, dans cette crise dans la crise, d’un deuxième projet imbriqué dans le premier, consacré à des représentations artistiques autour de la pandémie et de la santé mentale.

La présentation décrira d’abord l’historique et les assises des deux projets, pour ensuite aborder comment ces pratiques émergentes demeurent en constante redéfinition, tant leur adaptation au contexte particulier d’implantation se situe dans une dynamique complexe où les points de vue et postures de différents acteurs doivent être pris en compte. L’importance des aspects relationnels et de l’accent mis sur les méthodes artistiques seront discutés.

Mots clés :

Santé mentale, communauté de pratique, Inuit, Nunavik, jeunes

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